Une étude menée par des chercheurs de l’université de Glasgow vient de souligner les dangers du tabac pour les animaux de compagnie, pour les chats et les chiens notamment. Des laboratoires continuent pourtant de réaliser des tests pour l’industrie du tabac sur les animaux. Cela est favorisé par l’absence de réglementation interdisant une telle pratique.

En Europe, la directive 2010/63/UE est celle qui régit le recours à des animaux pour des fins d’expérimentation. Elle prévoit leur utilisation suivant des principes de remplacement, de raffinement et de réduction tout en imposant l’usage de méthodes substitutives. Toutefois, en dépit de cette obligation de se tourner vers des méthodes alternatives, cette loi n’interdit pas l’utilisation d’animaux pour une expérimentation en laboratoire, en vue d’évaluer les effets du tabac.

Maintenue jusqu’aujourd'hui, cette a pourtant de lourdes conséquences, notamment l’augmentation des risques de cancer chez les animaux. Notons au passage que ces risques restent présents même en cas de tabagisme passif.


Des tests qui ne sont pas toujours utiles

Chats, chiens, rongeurs… plus de 2 millions d’animaux ces expériences destinées à évaluer la nocivité des substances présentes dans le tabac. Celles-ci sont pourtant loin d’être inévitables. Il existe en effet des méthodes qui peuvent remplacer ces expérimentations animales, en l’occurrence l’utilisation d’un dispositif d’exposition par inhalation in vitro ou d’un modèle de cellules humaines développé via une conception 3D. Le premier, autant que le second, permet d’observer les effets du tabac sur les tissus pulmonaires ainsi que sur la peau.

La crédibilité des tests réalisés sur l’espèce animale est par ailleurs remise en question. Les animaux et les humains n’ont en effet pas la même anatomie. Il est donc difficile de confirmer le bien-fondé d’un test mené sur les premiers. De plus, l’exposition au tabac est différente entre un fumeur et des animaux qui subissent une expérimentation en laboratoire, tant pour la façon dont ils sont exposés à la fumée que pour la durée du test. Pour toutes ces raisons, la relation entre tabagisme et cancer du poumon a été difficilement établie à l’issue de ces tests.

Mais les chercheurs et les associations qui œuvrent dans la protection des animaux attirent principalement l’attention sur les effets que ces expérimentations ont sur la santé de ces bêtes. Ils ont en effet relevé les effets nocifs du tabac sur leur santé.


Des risques de cancer chez les chats et les chiens

Ainsi, selon les chercheurs de l’université de Glasgow, le simple fait de respirer la fumée propagée dans une maison suffit pour affecter les chats et les chiens qui y vivent. Bien que des soins existent, couverts bien entendu par une assurance animaux, ces chercheurs recommandent donc l’arrêt de la cigarette, ou du moins de fumer en dehors de la maison.

Le tabagisme passif se trouve en effet à l’origine de maladies graves chez les chats et les chiens, avec des risques de cancer, de prise de poids après une castration ou d’altération des cellules. Les recherches ont également permis de relever la présence d’un gène spécifique, signe de cellules endommagées, dans les testicules des animaux castrés. Ce phénomène est observé particulièrement chez les chiens dont les propriétaires sont fumeurs.

Inhalée par l’animal ou absorbée par sa peau, la fumée est davantage dangereuse pour les chats, eu égard au toilettage impeccable qu’ils effectuent, qui augmente ainsi la quantité ingérée.

Face à ces risques, quelques pays de l’Union européenne comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Belgique ont déjà interdit les tests réalisés sur les animaux. Une révision de la directive 2010/63/UE est également prévue.