En mai 2019, l’OMVQ (Ordre des médecins vétérinaires du Québec) a affirmé que la majorité de ses adhérents pouvaient évaluer la dangerosité des chiens. De son côté, le Journal de Québec constate pourtant que la plupart des cliniques spécialisées dans la région ne sont pas en mesure d’effectuer une telle évaluation.

Geneviève Guilbault, ministre québécoise de la Sécurité publique, a déposé au mois de mai dernier un projet de loi visant à encadrer les chiens dangereux.

Selon cette nouvelle réglementation, les municipalités doivent obliger les propriétaires de chiens à faire évaluer la dangerosité de leur animal au moindre soupçon de risque pour la sécurité ou la santé publique.

Seuls les vétérinaires agréés sont habilités à procéder à l’examen en question. Cependant, d’après une enquête récente, peu de cliniques vétérinaires sont en mesure de proposer cette prestation au Québec. En effet, elle exige de posséder des compétences dans le domaine ou de collaborer avec d’autres praticiens spécialistes si nécessaire.


Une profession rencontrant quelques difficultés

D’après les précisions apportées par l’OMVQ, l’évaluation de la dangerosité des chiens devrait être réalisée par des praticiens disposant des compétences requises en la matière. La spécialisation dans le comportement animal nécessite de suivre un parcours universitaire supplémentaire.

Pour devenir comportementaliste, il faut compter entre trois et quatre ans de formation après les cinq ans du cursus de base en médecine vétérinaire.

Toutefois, il existe également d’autres formations pour enrichir les connaissances des praticiens en la matière. Ainsi, les professionnels considèrent généralement que la spécialisation n’est pas réellement nécessaire pour procéder à l’évaluation d’un animal.

L’OMVQ est ouvert à la collaboration avec d’autres professionnels tels que les techniciens spécialisés en santé animale, pour assurer la protection des citoyens contre les risques potentiels. De plus, la profession de vétérinaire traverse actuellement une pénurie sans précédent au Québec.

Selon le Dr Caroline Kilsdonk, présidente de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec :

« Dans ce contexte, il y a des types de tâches qui en souffriront plus vite que d’autres. Comme ce règlement est en développement, ça se peut que ça se fasse sentir dans le service ».

Un service assez rare au Québec

Au-delà des clauses d’exclusion de l’assurance animaux, un chien potentiellement dangereux peut causer de nombreux problèmes d’ordre légal à son propriétaire. À l’annonce du nouveau règlement en mai dernier, l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec avait affirmé que la majorité des praticiens membres étaient en mesure d’évaluer la dangerosité des chiens.


Le Journal de Québec a ainsi contacté les responsables de 17 cliniques vétérinaires québécoises pour vérifier si leurs équipes étaient capables d’effectuer ladite évaluation. Parmi tous les établissements interrogés, seules deux cliniques, Globalvet et Daubigny, proposent ce service, en travaillant avec un comportementaliste.

Les autres enseignes se sont contentées d’orienter les enquêteurs vers différents établissements concurrents, comme le refuge pour animal Les Fidèles Moustachus, la Ville…

En dépit de cette réaction des cliniques vétérinaires, la présidente de l’OMVQ confirme sa position et insiste sur la nécessité d’effectuer cette évaluation auprès de professionnels. Elle explique :

« Ce que l’on dit, c’est que c’est un acte qui peut être posé par des médecins vétérinaires généralistes, et on considère que l’idéal, pour la protection du public, c’est que ce soit des vétérinaires qui le fassent ».