Outre de nombreux décès, l’épidémie de coronavirus a aggravé la solitude de certaines personnes. Ce phénomène est particulièrement important chez les seniors en EHPAD. La médiation animale semble efficace pour leur procurer du réconfort. Des études révèlent d’ailleurs que grâce à cette approche, il est possible de diminuer la prise en charge médicamenteuse pour cette catégorie de population.

Eu égard aux effets bénéfiques de la présence d'animaux auprès des seniors, certains EHPAD ont décidé de faire appel à des spécialistes de la zoothérapie. Néanmoins, ces derniers n'ont pas pu intervenir durant le confinement, alors que les personnes âgées en avaient réellement besoin. Aujourd'hui, les visites ont repris, mais sont strictement encadrées. Les interventions demeurent ainsi rares.

Les professionnels du secteur s'inquiètent, car s'ils ne bénéficient pas d'aide, ils devront se séparer de certains animaux. En effet, ils ne seront plus capables de couvrir leur alimentation, les frais vétérinaires, l'assurance animaux, etc. Un syndicat a récemment été créé pour les représenter, le RNCP ne les reconnaît toujours pas.

Des interventions qui ne sont pas seulement destinées aux seniors

La zoothérapie peut avoir différents objectifs. Elle peut notamment être envisagée pour alléger le sentiment de solitude des personnes âgées. Cependant, cette approche peut aussi avoir une visée thérapeutique. Une bénévole au sein d'AnimalCâlin, association de médiation animale créée en 2013 et qui intervient dans des EHPAD, explique :

Nous avons une grille d'évaluation avec l'établissement selon l'objectif qu'il a fixé (par exemple, la motricité) : fait, ne fait pas, veut, ne veut pas, touche, ne touche pas. Ou touche, caresse, brosse, sachant que les malades d'Alzheimer vont souvent brosser à contre-poil. Et sur la durée, les résultats sont parfois impressionnants.

La même interlocutrice précise que la zoothérapie peut réduire l'anxiété et l'errance chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.


De son côté, la fondatrice d'AnimalCâlin, Dominique Portal, note que la médiation animale peut aussi être adoptée dans les hôpitaux et les crèches, ou encore auprès d'individus souffrant de handicap. Elle ajoute que des études démontrent que la prise en charge médicamenteuse peut être réduite au moyen de la zoothérapie. Pour l'heure, 68 % des interventions de l'association s'effectuent dans les EHPAD.

Une approche qui a fait ses preuves chez les personnes âgées

Les spécialistes de la zoothérapie constatent que les personnes âgées affichent un grand enthousiasme à accueillir des animaux. L'association Les Petits Frères des Pauvres, par exemple, intervient auprès des patients des jardins des Silos, une structure de soins gériatriques du centre hospitalier Gérard Marchant (Toulouse). L'une de ses bénévoles assure :

Certaines personnes âgées, lorsqu'elles sont confrontées aux animaux, sont métamorphosées, comme si elles revenaient quelques années auparavant. L'animal a le pouvoir de combler des besoins psychologiques du fait qu'il ne juge pas.

Pour sa part, le Dr Ingrid Payet explique que la médiation animale procure un véritable apaisement aux seniors. Le médecin, qui a proposé qu'AnimalCâlin intervienne dans l'unité de soins palliatifs de l'hôpital Joseph Ducuing (Toulouse), note :

Tout ce qui est contact, le fait de pouvoir le prendre dans ses bras, par le toucher, la caresse, donc une interaction, replace le patient en tant que personne. […] C'est quelque chose qui est au-delà des mots.

En tout cas, les règles, les méthodes et l'éthique des professionnels de la médiation animale doivent encore être reconnues au niveau national.