SCOR pourrait-il connaître le même sort que les sociétés acquises par les mutuelles françaises ?
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SCOR pourrait-il connaître le même sort que les sociétés acquises par les mutuelles françaises ?

La compagnie vaut 7 milliards d’euros et la maison mère de Mutuelle d'assurance des artisans de France (MAAF) est prête à en payer le prix. Elle a d’ailleurs proposé une Offre publique d’achat (OPA) à la société, qui a été refusée. Certains observateurs ne voient pas cette tentative de rapprochement d’un bon œil. Selon un initié du secteur bancaire, la success-story de la société de réassurance doit en rester une.

SCOR pourrait-il connaître le même sort que les sociétés acquises par les mutuelles françaises ?

Contrairement aux mutuelles étrangères, les groupes mutualistes français adoptent une politique expansionniste, dépourvue d'une véritable stratégie de conquête. Jean-François Lepetit, un professionnel du milieu bancaire et ancien président de la Commission des opérations boursières, a vu le système bancaire se restructurer progressivement.

Il s'estime être bien placé pour affirmer que certaines sociétés d'assurance acquises par les banques mutuelles ont en payé les frais. Le bilan a été plutôt négatif, quant à leur position à l'international. Face à l'OPA de Covéa auprès du 5ème réassureur mondial, le banquier ne manque pas de manifester son mécontentement. Si une mutuelle qui échappe au contrôle des marchés s'offre SCOR, ce dernier risque de disparaître.

Quand une société mutuelle veut s'offrir une entreprise de réassurance au parcours impressionnant

Alors qu'elle était contrôlée par une mutuelle dans les années 2000, le groupe de réassurance de droit européen était sur le point de fermer ses portes. Mais il a su se relever grâce à Denis Kessler, qui a dirigé d'une main de fer cette société devenue aujourd'hui un réassureur de renommée mondiale.

C'est la raison pour laquelle l'ancien numéro un de la Commission des opérations de Bourse, Jean-François Lepetit, réagit au rapprochement tenté par la mutuelle Covéa auprès de SCOR.

Certaines sociétés ont vu leur chiffre se détériorer

Actuellement, les groupes mutualistes de l'Hexagone détiennent 60% des capitaux des établissements bancaires et 50% des capitaux des compagnies d'assurance et de réassurance. En effet, il ne suffit pas de consulter un comparateur mutuelle pour s'en rendre compte. Jean-François Lepetit a assisté à l'acquisition de la Banque Indosuez par le Crédit Agricole. De l'intérieur, il a également vécu le rachat de Crédit industriel et commercial (CIC) par le Crédit Mutuel.

Résultat : le réseau bancaire français qui porte le slogan « Construisons dans un monde qui bouge » et la filiale de gestion de fortune de Crédit Agricole, ont perdu de leur influence sur la scène internationale, sachant que les expériences de la maison mère ont été jusque-là limitées au marché français. Concernant les opérations de marché, les résultats ont enregistré des pertes colossales. Jean-François Lepetit refuse que des sociétés prometteuses comme SCOR connaissent le même destin, en étant entraînées par la vague expansionniste des mutuelles françaises.

La logique mutualiste n'est pas celle du marché

Un groupe mutualiste, lorsqu'il lance une OPA, n'est pas contraint de suivre une certaine logique industrielle, d'autant plus qu'il ne subit aucune pression de la part des investisseurs. Les actionnaires n'ont pas forcément connaissance des résultats. En plus de l'irrationalité des décisions prises par les sociétés mutuelles, que ce soit au niveau du secteur bancaire ou dans le secteur de l'assurance, la gestion optimale des ressources n'est pas au rendez-vous. Les réserves accumulées peuvent par exemple discrètement servir à financer les opérations boursières, le patrimoine n'ayant pas de propriétaire.

En revanche, chez les sociétés cotées, la réalisation des opérations boursières doit passer préalablement par l'aval des actionnaires. Ces derniers veillent à l'évolution de leurs titres. Ceci dit, les stratégies d'investissement mises en place doivent répondre à une certaine logique de marché. Quant aux comptes, ils sont gérés suivant le principe de bonne gouvernance.

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