Depuis avril, la campagne de vaccination s’est nettement accélérée en France. Un coup de boost qui a enchanté de nombreux observateurs. Ces derniers ont été d’autant plus ravis lorsque l’accès aux injections a été élargi. Mais selon le médecin Yvon le Flohic, les autorités sanitaires du pays devraient plutôt faire de l’immunisation des personnes fragiles leur priorité au lieu d’étendre les injections au grand public.

Durant les premiers mois qui ont suivi le début de la campagne de vaccination, cette dernière était sous les feux des critiques. Elle était notamment jugée trop lente. Mais depuis le pic de la troisième vague de contamination en avril, la campagne a reçu un sérieux coup de boost. Le rythme des vaccinations se montait alors à 500 000 injections par jour, dont bon nombre de citoyens âgés – disposant ou non de mutuelle senior - en sont les bénéficiaires. Et depuis, les différents indicateurs liés à la pandémie sont entrés dans une tendance baissière.

De nombreux observateurs se sont alors réjouis de la tournure qu'a prise la campagne de vaccination, mais pour certains détracteurs, la défaillance semble être toujours au rendez-vous.


Prioriser les personnes fragiles

D'ici quelques jours, les 12-18 ans pourront se faire vacciner. Une nouvelle qui a ravi plus d'un. Mais selon le Dr Yvon le Flohic, la stratégie de vaccination devrait continuer de prioriser les personnes plus fragiles face au covid-19. Dans une interview, le médecin a indiqué que de nombreuses personnes souffrant de comorbidités n'ont pas encore été vaccinées. Pourtant, ces individus présentent le plus de risque de développer une forme sévère de la maladie ou de décéder des suites des complications.

Il a expliqué que :

Rappelons qu'une personne de plus de 80 ans a 180 fois plus de chance de mourir du coronavirus qu'une personne entre 18 et 39 ans. On pourrait donc dire, en schématisant, qu'il faut 180 vaccinations chez les jeunes pour avoir les mêmes résultats sur la courbe de décès qu'avec la vaccination d'une seule personne âgée.

Le médecin a rajouté qu'un peu moins de la moitié des patients ayant développé une forme critique du covid-19 est en surpoids. Ainsi, la campagne de vaccination devrait être réorganisée de manière à prioriser l'accès aux vaccins aux personnes les plus à risque.

Actuellement, près de 20 % des plus de 75 ans n'ont pas reçu ne serait-ce qu'une première dose vaccinale.


Communiquer davantage sur les bénéfices des injections

La campagne de vaccination en France est basée sur le consentement, c'est-à-dire que seules les personnes désireuses de se faire vacciner reçoivent des injections. C'est bien là le problème de l'immunisation des personnes âgées ou présentant des comorbidités, car bon nombre d'entre elles ne souhaitent pas le faire. D'où l'extension de la campagne de vaccination au grand public.

Pour dissuader celles qui seraient réticentes, les autorités sanitaires devraient dévoiler davantage de données sur les personnes fragiles hospitalisées et en réanimation. On le sait, les injections permettent de réduire la transmissibilité du covid-19 et de réduire le risque de développer une forme sévère de la maladie, mais les données sur ce sujet demeurent souvent dans l'ombre.

Les autorités sanitaires pourraient ainsi convaincre plus de personnes fragiles à se faire vacciner si elles axaient un peu plus leur communication sur ce point. Cela ne signifie toutefois pas qu'il faut stopper l'accès aux vaccins au grand public. Il faudrait plutôt mener une campagne pour mettre en valeur les bénéfices apportés par les injections quant aux décès et aux formes critiques.