Alors que l’année 2020 aura été plutôt bénéfique pour les mutuelles, les assurances et les institutions de prévoyance, l’UFC-Que-Choisir révèle qu’elles vont tout de même augmenter leurs tarifs en 2021. Une hausse injustifiée selon l’association de protection des consommateurs, qui plus est cette initiative tombe au moment où le dispositif de 100 % santé vient de s’étendre aux audioprothèses.

Cette année, les tarifs de complémentaire santé devraient encore continuer d'augmenter, à en croire l'étude menée par l'association de protection des consommateurs, l'UFC-Que-Choisir. Cette situation est d'autant plus surprenante, compte tenu des économies réalisées sur les remboursements par ces organismes complémentaires en 2020. En effet, les consommations de soins affichaient un net recul l'an dernier, permettant à ces enseignes de se constituer un matelas de plus de 2 milliards d'euros.

Mais en dépit de ces thésaurisations, les cotisations vont encore augmenter à hauteur de 4,3 % selon l'enquête de l'UFC-Que-Choisir. Quoi qu'il en soit, une loi permet, depuis le 1er décembre 2020, aux assurés de résilier leur contrat d'assurance à tout moment. Ils pourraient ainsi profiter de cette réforme pour faire jouer la concurrence et obtenir un meilleur tarif.


La taxe Covid répercutée sur les assurés

L'UFC-Que-Choisir a essayé de déterminer les tarifs de complémentaire qui seront appliqués en cette nouvelle année. Pour cela, l'association a recueilli des avis d'échéance pour 2020 et 2021. Elle a pu ainsi étudier 623 contrats individuels provenant de 123 enseignes de complémentaires différentes. Les résultats de leur enquête mettent en évidence une inflation médiane de 4,3 % pour cette année. L'association précise que c'est trois fois plus que la hausse du pouvoir d'achat des Français, attendue pour 2021.

En outre, pour cette année, les citoyens de l'Hexagone devront s'acquitter de 79 euros supplémentaires pour leur couverture santé. Un assuré sur cinq devra même payer un surplus de 200 euros.

Toutefois, tous les organismes de complémentaires ne vont pas augmenter leurs tarifs de manière significative. Le protecteur des droits des consommateurs a lâché des noms et indique que pour Muta Santé, Pro BTP, MNH et la Mutuelle Générale, l'inflation est inférieure à 3 %. Tandis que Klesia, Swiss Life, Adrea Mutuelle et Malakoff Humanis vont augmenter leurs tarifs de plus de 7 %.

Au vu de cette étude, il semblerait que les complémentaires entendent répercuter la « taxe covid », qui leur a été imposée par le gouvernement, sur les assurés. Alors que comme le souligne l'UFC-Que-Choisir, la somme prélevée par l'État est bien inférieure aux montants qu'elles ont économisés.


Un manque de lisibilité des contrats

Même si les cotisations devraient augmenter, les assurés ont les armes pour bénéficier d'un tarif plus avantageux. En effet, depuis le 1er décembre 2020, ils peuvent résilier leur contrat à tout moment, ils peuvent donc faire jouer la concurrence pour bénéficier de conditions plus avantageuses. À l'UFC-Que-Choisir d'indiquer cependant qu'ils ne sont pas encore en mesure de profiter pleinement de cette réforme à cause du manque de lisibilité des contrats.

Leur étude indique que bon nombre de complémentaires continuent d'utiliser des pourcentages supérieurs à 100 % pour les garanties en soins auditifs et dentaires au lieu de les afficher en euros. Qui plus est, certains de ces organismes refusent encore de préciser aux assurés les remboursements qu'ils réalisent et ceux qui sont effectués par l'Assurance maladie.

L'UFC-Que-Choisir exige ainsi que l'État impose plus de clarté aux complémentaires en ce qui concerne les détails de leurs contrats afin que les assurés puissent mieux comparer les offres. L'association de protection des consommateurs demande aussi à ce que les sociétaires puissent accéder aux contrats et aux tarifs de ces organismes sans avoir à renseigner des informations personnelles.