Le déconfinement a été officialisé, en France, depuis le 11 mai dernier, date à laquelle aucun justificatif de déplacement n’est plus requis à chaque sortie. Plusieurs exigences demeurent cependant, notamment le port de masque dans certaines situations de la vie quotidienne. Une mesure quelque peu coûteuse pour la population, à moins d’être prise en charge par l’Assurance maladie.

L'accès pour tous à la santé est une valeur fortement prônée par l'État français. La réforme du Reste à charge zéro en est une preuve irréfutable. Pour autant, la question se pose encore aujourd'hui si l'objectif est réellement atteint. Le fait est qu'à cette période de fin du confinement, l'obligation de porter un « cache nez/bouche» dans plusieurs espaces publics implique un budget supplémentaire aux ménages. Ce qui n'est pas forcément évident pour ceux dont la trésorerie est limitée.

Aussi, un membre du Parlement, Olivier Léonhardt, a-t-il revendiqué la nécessité de se faire rembourser pour chaque achat d'un masque de protection. Une pétition a été alors lancée, recueillant plusieurs centaines de signatures.

La Sécurité sociale et les mutuelles santé, mises à contribution

L'Assurance maladie et les complémentaires santé ont toujours été mises à contribution pour soulager le portefeuille des ménages français, dans le cadre de leurs dépenses en matière de soins. Aujourd'hui encore, elles sont appelées à rembourser les masques achetés en vue d'endiguer la propagation du Covid-19.


Tel est l'objet de la pétition en ligne, visible notamment sur le site web Change, lancée par Olivier Léonhardt, un sénateur élu dans l'Essonne. Une doléance, signée à l'heure actuelle par 560 personnes, qui a été adressée au ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, en référence à son discours sur l'obligation du port du masque dans certains lieux de vie et transports en commun.

La réaction du Parlementaire est justifiée. Il faut dire que le département fait partie des plus affectés. C'est du moins ce qu'a tenu à rappeler le journal Essone Actu, en annonçant un bilan pour le moins désastreux, avec près de 900 décès (400 dans les centres hospitaliers et 490 dans les Ehpad).

Une question d'égalité sociale

Le récent déconfinement de l'Hexagone requiert la mise en œuvre de mesures sanitaires strictes. Des dispositifs qui sont, cependant, loin d'être accessibles pour la masse, si l'on ne cite que le prix en hausse tendancielle des cache-bouches qui rend difficile leur procuration. Raison pour laquelle le sénateur déplore auprès du quotidien Le Parisien :

Pourquoi le masque, qui est aujourd'hui le seul rempart que nous ayons trouvé […] ne serait pas remboursé ? Pour certaines personnes, acheter un masque 5€, c'est une folie.

À préciser pourtant que la lutte contre le Covid-19 est universelle. Ce qui veut dire que les solutions de protection données à l'ensemble de la population doivent l'être également. Aussi, tous les Français sans exception, qu'ils proviennent d'un foyer modeste ou aisé, méritent-ils de jouir d'une même faveur. À Olivier Léonhardt de souligner :

C'est une question d'égalité d'accès à la santé.

Quoi qu'il en soit, une régularisation du marché des masques est de mise. Ce, afin de limiter autant que possible le gonflement des prix. D'après l'élu essonnien :

Il faut que cela soit encadré, surtout lorsque l'on sait que la fabrication d'un masque coûte en moyenne 80 centimes d'euros.