Les primes promises par le gouvernement français ne s’étendent pas à tous les professionnels de la santé. En effet, ceux qui s’occupent des aides à domicile sont exemptés de cette mesure. Une situation qui fait polémique en France. Des manifestants réclament que les auxiliaires de vie doivent, eux aussi, bénéficier de cette gratification.

Le 15 avril dernier, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé qu'une prime serait versée aux professionnels de la santé. Cette manne financière constitue une récompense pour ces personnes s'étant retrouvées en première ligne durant la pandémie.

L'intention est louable, mais il semblerait que cette mesure ne s'étende pas à l'intégralité du personnel soignant. En effet, certains aides à domicile s'occupant de personnes âgées ou souffrant d'un handicap ne percevront pas tous la prime Covid, cela dépend de leur employeur.

Si ce dernier est à la charge d'un quelconque organisme gouvernemental tel que les hôpitaux, les EHPAD ou encore la mutuelle senior, le personnel recevra effectivement une gratification allant jusqu'à 1 500 euros. Quant aux auxiliaires employés directement par un individu en situation de dépendance et rémunérés en CESU, leur bonus dépend des départements.

Une inégalité de traitement

Le gouvernement a laissé la charge des politiques sociales à mener aux instances départementales. Le libre choix de la distribution de primes aux aides à domicile dépend donc du bon vouloir de ces derniers. Jusqu'à aujourd'hui, seulement une vingtaine d'entre eux se sont décidés à attribuer ces récompenses :

  • 1 500 euros chacun dans la Meurthe-et-Moselle ;
  • 1 000 euros chacun dans la Somme ;
  • 515 euros dans le Nord ;
  • 250 euros en Seine-et-Marne.

Tandis qu'en Corrèze et dans la Sarthe, les auxiliaires de vie n'ont pas bénéficié de ces gratifications.


De nombreux citoyens se sont indignés de cette injustice, mais les départements concernés ont tenu à souligner que leur situation financière précaire ne le leur permettait pas, et qu'en plus ils n'ont pas reçu de subventions gouvernementales.

Cependant, on ne peut nier qu'il y ait une inégalité de traitement, d'autant plus que le personnel soignant a été en première ligne durant cette crise sanitaire, les exposant à un plus grand risque de contamination.

Des fédérations avaient déjà dénoncé cette injustice le 16 juin dernier, ils ont déclaré :

Malgré une situation financière souvent critique, la quasi-absence d'équipements de protection individuelle au départ et les difficultés à se déplacer, les aides à domicile ont continué à assurer leur service en première ligne auprès des bénéficiaires. Sans eux, de nombreuses personnes accompagnées se seraient retrouvées abandonnées.

De ce fait, ils réclament l'octroi de ces primes pour la totalité des professionnels de la santé, y compris ceux dépendant d'un service départemental et ceux travaillant directement pour une personne en situation de dépendance.

Des manifestations et un recadrement législatif

Les présidents de la Sarthe et Maine-et-Loire ont répondu à cette requête via une lettre destinée à l'actuel Premier ministre, Jean Castex, lui demandant d'apporter plus de précision quant à :

L'absence de cadre national législatif pour l'octroi d'une prime Covid-19 aux professionnels des établissements et services sociaux et médicaux sociaux ne relevant pas d'un financement de l'assurance maladie.

Ce courrier, ayant été relayé sur le site de Capital, laisse alors supposer que les aides à domicile risquent de voir passer sous leur nez la prime Covid. Une perspective que les auxiliaires de vie n'entendent pas accepter sans piper mot. Aussi ont-ils réagi en manifestant devant le Conseil départemental du Morbihan le 22 juillet. Une initiative que leurs homologues girondins ont ensuite suivie.

Dans l'Hexagone, ces mouvements de foule se sont amplifiés ces derniers temps. Les protestataires en Charente-Maritime ont d'ailleurs reçu gain de cause. En effet, les autorités en charge ont fait la promesse de verser une gratification allant de 500 à 1 000 euros aux aides à domicile au cours du mois d'octobre. Un geste fort pour ces professionnels dont le métier mérite d'être amplement valorisé.