La France a à cœur l’accès aux soins de ses résidents si bien que même les immigrés en situation irrégulière ne sont pas en reste dans les réformes de son système de santé. D’ailleurs, certaines mesures sont actuellement prévues afin d’optimiser les dispositifs d’aide qui leur sont dédiés, notamment l’AME et la PUMa. Cette initiative s’accompagne toutefois de remparts afin d’éviter l’explosion du tourisme médical.

La France est sans conteste l’un des pays les plus attrayants au niveau du système de santé. La preuve, bon nombre de gens s’y déplacent pour se faire soigner en raison du droit aux soins octroyés aux immigrés et aux demandeurs d’asile, régi par l'Aide médicale d'État (AME) et la Protection universelle maladie (PUMa).

À savoir, le déploiement de ces deux dispositifs n’est pas sans conséquence sur les finances publiques, si l’on ne considère que les dépenses afférentes au premier qui coûterait presque un milliard d’euros à l’État. Ce qui pousse l’exécutif à y mettre son grain de sel, notamment en apportant quelques ajustements en vue d’une meilleure maîtrise financière. De quoi susciter de vives réactions du côté des défenseurs des migrants.


L’AME, au premier rang dans les réformes

Fin septembre a eu lieu le débat parlementaire sur la politique migratoire qui a mis en haleine les protecteurs des migrants appréhendant les impacts d’une nouvelle réforme.

De fait, les pouvoirs publics ont annoncé l’été dernier vouloir lancer une mission d’inspection portée sur l’AME, dont les bienfaits profitent à quelque 300 000 sans-papiers. La raison est simple : ce dispositif, telle une mutuelle santé, vise à rendre les soins à portée des mains des immigrés en situation irrégulière et coûte cher à l’État.

À savoir, le trou financier s’élèverait à hauteur de 934 millions d’euros. Le comble, c’est que des abus y ont été pour beaucoup, répondant aux questionnements du président de la République. Et confirmant les dires du député Stanislas Guerini qui aurait dénoncé des cas où l’AME a servi à financer des implants mammaires.

D’importants changements vont alors voir le jour, par le biais d’amendements. Mais pour rassurer les concernés, l’idée de supprimer le dispositif a été écartée. En revanche, la possibilité de mettre en place des « paniers de soins » pour mieux contrôler son déploiement est envisageable. Autre fait certain : les fonds à mobiliser pour cette aide sociale demeurent inchangés dans le projet de loi de finances pour 2020.


Les changements ne font pas l’unanimité

Ces derniers temps, l’on assiste à l’explosion du flux entrant d’individus, venant notamment de Géorgie et d’Albanie pour se faire soigner dans l’Hexagone. L’attractivité du système de santé du pays y est sans doute pour beaucoup. D’après l’explication qui a été avancée :

« C'est la possibilité qui leur est donnée pendant le délai d'examen de leur demande d'asile d'accéder à des soins ».

Appréhendant un essor incontrôlable du tourisme médical, les pouvoirs publics ont aussi dans leur viseur la PUMa. Quelques ajustements sont, en effet, à prévoir afin de mieux maîtriser son évolution financière. Et ce, non pas dans le but de rendre le pays moins accueillant, mais plutôt de modérer son caractère attrayant.

Aussi, peut-on alors s’attendre à une période de carence de trois mois avant de pouvoir profiter du dispositif. Cela afin d’estomper les demandes d’asile uniquement motivées par l'accès aux soins. Une initiative qui ne laisse pas les défenseurs des droits des malades sans réaction. Christian Reboul de Médecins du Monde, par exemple, a fait valoir que :

« Le big bang n'est plus sur l'AME, mais sur la Protection universelle maladie (PUMa) […] Cela nous fait bondir […] Ça pose un véritable problème, car cela concerne des demandeurs d'asile qui ont un besoin de prise en charge immédiate ».

Le Comede (Comité médical pour les exilés) a également exprimé sa position. D’après son porte-parole :

« On parle de gens qui sont les plus au bout de la chaîne des perdants de nos sociétés ».