Les résultats des études menées par la cohorte Elfe sont explicites. L’alimentation de la femme enceinte joue un rôle crucial dans le développement cognitif de l’enfant. Une alimentation équilibrée durant la période gestationnelle s’avère bénéfique pour sa croissance. Inversement, une alimentation riche en produits transformés nuit à son bon développement.

La cohorte rassemble plus de 150 chercheurs scientifiques. Il s'agit de la première étude déployée à l'échelle nationale, destinée au suivi des enfants. Elle prend en compte tous les aspects de la vie infantile en vue d'analyser son environnement. Les enfants sont suivis sur une période de vingt ans à partir de leur naissance.

L'étude englobe 18 000 enfants nés en 2011. Cette observation se penche sur tous les facteurs qui influencent leur croissance. Les résultats ont été présentés le 6 octobre dernier. Ils révèlent une relation entre la nutrition maternelle pendant la grossesse et le développement de l'enfant sur le plan cognitif.


L'objet de l'étude

L'objectif est de prouver l'impact de la qualité de l'alimentation maternelle sur l'enfant. Pour cela, des données sur la nourriture des femmes enceintes ont été récoltées. Celles-ci ont ensuite été comparées aux recommandations en matière de nutrition . Selon les habitudes alimentaires des mères, cinq profils alimentaires ont été établis :

  • Équilibré : alimentation riche en fruits, légumes, yaourt, légumineuses et pain complet ;
  • Occidental : forte consommation de viande rouge, charcuterie, pizza, frites, gâteaux ;
  • Pain et tartinables : alimentation faite de pain, fromage, chocolat, beurre ;
  • Petit déjeuner : consommation élevée de lait, produits laitiers, céréales ;
  • Aliments transformés : plats industriels remplis d'additifs et de produits chimiques.

D'autres paramètres ont également été pris en compte afin d'approfondir l'étude. On cite notamment la situation socio-économique et le contrôle de santé générale des mères par la mutuelle familiale.

Les conclusions de l'étude

Après le recueil des données nutritionnelles pendant la grossesse, une évaluation du neurodéveloppement de l'enfant est réalisée. Cela, à l'âge de 1 an et de 2 ans grâce à un questionnaire. Un enquêteur poursuit l'évaluation à l'âge de 3 ans et demi en discutant directement avec l'enfant.

Il résulte qu'une carence en nutriments comme le fer ou l'iode entrave la bonne croissance de l'enfant au niveau cognitif. Ces conséquences néfastes sont plus marquées à sa première année de vie. Les profils nutritionnels « aliments transformés » et « occidental » sont particulièrement concernés.

Inversement, les femmes enceintes avec un profil alimentaire « équilibré » obtiennent un score satisfaisant de neurodéveloppement de leurs enfants. Pour favoriser le développement cognitif de son enfant, la femme enceinte doit donc consommer quotidiennement des fruits et légumes. Elle doit en outre privilégier le poisson et limiter la charcuterie à 150 grammes par semaine. Enfin, les aliments transformés sont à éviter.