L’épidémie du coronavirus a pris de court la chaine de distribution des équipements médicaux. Les gouvernements et les hôpitaux ont été contraints de s’approvisionner chez des fournisseurs parfois douteux, sans d’abord procéder à un appel d’offres. Cette pénurie a aussi des répercussions sur la sécurité des professionnels de la santé qui se retrouvent sous-équipés.

La pandémie du covid-19 a mis en lumière les lacunes dans le système de santé dans de nombreux pays, notamment en ce qui concerne le manque d'équipements médicaux. Amnesty International a mené une enquête sur cette pénurie de matériels qui aurait entrainé la mort de milliers de personnels de santé. Ce défaut de matériel ne s'étend pas uniquement aux masques chirurgicaux et au gel hydroalcoolique, l'étude d'Amnesty International révèle aussi le manque de lits, de ventilateurs ou encore de ventilateurs dans les établissements de santé.

Certains professionnels du secteur exigent ainsi une plus grande contribution de la mutuelle santé pour pallier ce manque.


Les soignants en première ligne

L'épidémie du coronavirus a fait l'effet d'un séisme, les plus grandes institutions financières en ont été ébranlées. Pour éradiquer ce virus, les professionnels de la santé ont été envoyés au front, mais parfois sans armes à la main à cause d'une pénurie d'équipements médicaux. Cette situation est d'autant plus inquiétante, car le personnel de santé s'expose toute la journée au covid-19, augmentant le risque qu'ils contractent eux aussi la maladie.

Mais des milliers de morts sont déjà à déplorer du côté des soignants, comme l'indique le rapport d'enquête d'Amnesty International :

Au moins 7.000 professionnels de santé dans le monde sont morts de la Covid-19.

Cette étude dresse le classement des pays où il y a eu le plus de décès :

  • Mexique : 1320 morts confirmés
  • États-Unis : 1077 décès reportés
  • Royaume-Uni : 649 morts

C'est d'ailleurs en Amérique que l'on recense le plus de cas de contaminations du personnel de santé, environ 570.000 soignants infectés. Amnesty International estime qu'à l'échelle mondiale, 10 % des cas de contamination concernent des professionnels de la santé.

Se sacrifier pour les autres

Les médias et le public ont salué le dévouement des professionnels de la santé. Ces derniers n'ont pas fui leur devoir et font de leur mieux pour éradiquer le covid-19. Certains vont même jusqu'à dire que ce sacrifice était louable. Ce à quoi Steve Cockburn, en tête du service Justice sociale et économique chez Amnesty International, a rétorqué :

Que 7.000 personnes meurent en essayant d'en sauver d'autres est l'indicateur d'une crise aux proportions inégalées. Chaque professionnel de santé a le droit de se sentir en sécurité au travail, et c'est un scandale qu'un tel nombre d'entre eux paient de leur vie.

Cette pénurie est d'autant plus inquiétante, car la situation ne semble pas vouloir s'améliorer. En effet, les professionnels de la santé sont toujours sous-équipés. À Cockburn de rajouter :

Après plusieurs mois de pandémie [ils] continuent de mourir à des taux terrifiants.

De plus, ce manque de matériels médicaux n'est pas seulement préjudiciable pour les soignants, mais cela contribue aussi à la propagation du covid-19.