La résistance des bactéries aux antibiotiques est un phénomène qui préoccupe les experts médicaux. Une étude dévoilée par la revue The Lancet indique qu’elle est à l’origine de plus d’un million de décès dans le monde en 2022. Ce chiffre dépasse celui des pertes causées par le paludisme ou même le sida. Il faudra repenser l’usage de ces médicaments selon les spécialistes.

La mauvaise utilisation des antibiotiques présente des risques non négligeables pour les patients. L'antibiorésistance est l'un d'entre eux, qui peut même conduire à un décès. Ce phénomène n'est pas une découverte récente, il a été identifié pour la première fois dans le milieu du 20ème siècle. Il est toutefois devenu une source d'inquiétudes majeure pour les experts, surtout avec les données obtenues ces dernières années. The Lancet dévoile dans son sondage que plus d'un million de personnes a perdu la vie à cause de ce problème. L'économiste Jim O'Neill a également avancé des chiffres inquiétants. Une réadaptation des médicaments et de leurs usages est nécessaire pour éviter les pertes humaines.


Développer de nouvelles gammes de remèdes pour limiter les risques

L'antibiorésistance est un phénomène naturel qui se produit lorsqu'une bactérie tente de résister face à d'autres. Elle a commencé à s'aggraver dans le milieu du 20ème siècle suite à des utilisations inappropriées des antibiotiques. Elle est actuellement sur le point de représenter une menace sanitaire. Les experts sont en effet confrontés à des bactéries qui résistent à divers antibiotiques. Pour les identifier, un test appelé antibiogramme est réalisé en laboratoire.

Le principe est de réunir dans une boîte de Petri une souche bactérienne et plusieurs pastilles d'antibiotiques. Une auréole claire, qui apparaît dans les organes où la bactérie ne peut pas se développer, témoigne de leur efficacité. L'absence d'auréole dans la boîte signifie que la bactérie a résisté à toutes les substances qui y ont été mises. Les spécialistes parlent de « toto-résistance », un phénomène devenu fréquent.

La lutte contre ces réactions requiert une utilisation adaptée des antibiotiques selon les experts. Pour rappel, ils font partie des soins remboursés par la complémentaire santé. Les patients peuvent trouver une mutuelle pas cher incluant ce type de garanties en ligne.

Il sera aussi nécessaire de mettre au point de nouvelles gammes de médicaments .

Ce qui semble difficile puisque la plupart des laboratoires ont abandonné ce type de recherche. En cause, un retour sur investissement minime comparé à celui que génèrent les autres secteurs d'expertise, à l'instar de l'oncologie.

Responsable de deux fois plus de décès que le paludisme

Un fonds a été mis en place en 2021 pour soutenir les nouvelles recherches. Il réunit plus d'une vingtaine de laboratoires et a été valorisé d'un capital d'un milliard de dollars. Il souhaite développer deux à quatre nouveaux antibiotiques à l'horizon 2030. Ceci paraît utile alors que l'étude dévoilée par The Lancet fait part de 1,27 million de décès causés par l'antibiorésistance. L'investigation a été menée en 2019 sur la base de 23 pathogènes ainsi que 88 combinaisons de pathogènes-traitements. Elle a été réalisée dans plus de 204 pays.

Le chiffre cité reflète les décès liés directement à une antibiorésistance en une année. En incluant tous les cas où ce phénomène a été relevé, il passe à près de 5 millions par an. Il est deux fois plus élevé que ceux liés au paludisme. Le Sida, lui, est à l'origine d'un million de décès chaque année selon l'association Aides.

En 2016, l'économiste Jim O'Neill avait indiqué qu'environ 10 millions de personnes pourront en mourir chaque année d'ici 2050. Ce chiffre provient néanmoins d'une estimation à la différence de l'étude de The Lancet qui s'appuie sur des données réelles. Celle-ci relève en outre des écarts entre les pays observés. L'Afrique subsaharienne étant la plus affectée avec 27,3 décès sur 100 000 dus à cette résistance bactérienne. La proportion est de 13 sur 100 000 pour les pays à haut revenus à l'instar de l'Amérique du Nord et de l'Europe de l'Ouest.

Le phénomène a également une origine différente. La consommation excessive d'antibiotiques en est la cause dans les pays développés. Elle est liée aux insuffisances de médicaments qui conduisent à un traitement raccourci dans les pays sous-développés.