Des médicaments anti-coronavirus qui contribuent à la diminution des hospitalisations. C’est ce que les laboratoires Pfizer et Merck-MSD ont préparé depuis quelque temps. Pour l’instant, l’effet réel de ces produits reste inconnu. Ce problème, découlant d’un échantillon insuffisant lors des tests cliniques, ne sera résolu que quand ceux-ci auront été massivement utilisés.

Dans la lutte contre le Covid-19, les autorités sanitaires dans le monde devraient bientôt voir leur arsenal s'agrandir. Les premiers antiviraux oraux spécialement élaborés contre la maladie devraient apparaître bientôt. Il s'agit du Paxlovid, conçu par Pfizer et du Lagevrio de Merck-MSD.

Des produits qui ont déjà passé les études cliniques de Phase III. Au terme de celles-ci, leur efficacité contre les variants du Covid-19 (Bêta, Gamma, Delta…) est cependant restée inconnue. Des sujets déjà contaminés par la souche d'origine indienne figuraient bien dans l'échantillon examiné lors des essais. Cependant, leur proportion s'est avérée trop basse. Par ailleurs, les observations complémentaires effectuées in vitro semblent insuffisantes.


Les informations disponibles sur les médicaments demeurent insuffisantes

Il faudra donc attendre leur usage à grande échelle pour découvrir l'efficacité des deux médicaments. D'ici là, il restera à savoir comment s'opèrera leur remboursement par l'Assurance maladie ou la mutuelle familiale, entre autres.

Selon Pfizer et Merck-MSD, leurs médicaments seront administrés sur 5 jours. Ainsi, dans l'échantillon étudié, ils s'attendent à ce que leurs produits n'engendrent aucun effet indésirable dans la population générale. Toutefois, certains scientifiques avancent qu'un médicament contre le VIH-Sida, le ritonavir, sera prescrit conjointement avec le Paxlovid. Cette association contribuerait à étendre la durée d'existence de ce dernier dans le corps. Or, ce médicament interagit avec des molécules auxquelles l'on recourt fréquemment pour :

  •  Soulager une douleur ;
  •  Guérir des pathologies immunitaires ou cardiovasculaires.

Dans ce cadre, les essais cliniques des deux antiviraux oraux ont été réalisés sur un faible nombre de malades. Chaque cas en incluait 1 000 tout au plus. Les responsables ont en effet mis fin à l'appel aux volontaires de façon précoce. En conséquence, les données disponibles sur le Lagevrio et le Paxlovid se révèlent extrêmement peu. L'on sait seulement qu'ils fonctionnent, d'après un article paru le 10 novembre dernier dans le magazine scientifique Nature.

L'EMA propose d'accompagner les autorités souhaitant utiliser les traitements

Malgré ce manque d'information, les dirigeants autour du monde semblent forcés de se décider rapidement sur ces deux produits. En cause, les cas de Covid-19 qui connaissent à nouveau une accélération. Ainsi, les États-Unis ont réservé 300 000 traitements de Lagevrio. La Grande-Bretagne, qui est le premier pays à autoriser son utilisation, a commandé 480 000 doses.


De son côté, l'Agence européenne du médicament (EMA) n'a pas encore homologué la pilule à base de molnupiravir de Merck-MSD. Néanmoins, elle a affirmé être prête à assister les autorités nationales souhaitant y recourir en urgence. Depuis le 25 octobre dernier, l'EMA examine le produit.

S'agissant du Paxlovid, les États-Unis seraient en passe d'en faire commande de 10 millions de traitements. Pfizer vient de présenter le dossier de son médicament aux autorités sanitaires outre-Atlantique. D'après le laboratoire, celui-ci permettrait de diminuer de 90 % les admissions à l'hôpital. Cependant, ce taux s'applique seulement si la pilule est consommée cinq jours après l'apparition des symptômes. Dans les mêmes conditions, l'efficacité du Lagevrio a été estimée à 50 %.