Dans la majorité des cas, l'autisme passe inaperçu dans la petite enfance. C’est à partir du 18ème mois du bébé que certains signes alarmants apparaissent. S’ensuit alors la première consultation à laquelle se mêlent inquiétudes et espoirs. Pourtant, les parents vont encore devoir patienter des années avant d’être fixés sur le diagnostic. Une situation que l’application de Sibius entend révolutionner.

Un calme exagéré ou une excitation excessive, une absence d'émotion, une asociabilité, des difficultés de communication… de nombreux signes peuvent susciter les soupçons des parents sur le développement neurocognitif de leur enfant. Des indices d'alerte qui ne doivent pas être pris à la légère. Il va sans dire, en effet, qu'un diagnostic précoce permet toujours de prendre rapidement en charge les maladies et ainsi d'alléger leurs symptômes.

C'est dans cette vision que la Startup Sibius a mis au point son application accessible sur tablette, dédiée à la détection de l'autisme. Prévu d'être lancé en 2022, ce dispositif novateur devra briller par sa simplicité et son coût fort raisonnable, mais surtout par sa capacité à diagnostiquer aussi d'autres formes de pathologies neurocérébrales.


Une révolution fort prometteuse qui se profile à l'horizon

En Europe, le temps de latence qui sépare les premiers soupçons d'un TSA (trouble du spectre de l'autisme) du diagnostic final dure en moyenne quatre ans. Une période pendant laquelle les parents de l'enfant présentant les symptômes traversent de durs moments d'incertitudes, mais heureusement allégée par la prise en charge des dépenses, tant par l'Assurance maladie que par certaines mutuelles.

D'autant qu' :

« Actuellement, il n'existe pas de marqueur objectif et simple pour mesurer le fonctionnement neurocognitif en pratique médicale courante, comme peut le faire un thermomètre pour la fièvre, le tensiomètre pour l'hypertension. »

C'est en tout cas ce qu'a fait valoir Guillaume Bézie, le fondateur d'une Startup lyonnaise prénommée Sibius, jeudi 28 novembre dernier au moment de présenter une solution innovante permettant de dépister précocement l'autisme. Accessible via une tablette, il s'agit d'une application simple d'utilisation, qui plus est peu onéreuse. De fait, l'examen ne devrait coûter que 20 à 30 euros par séance.

Une bonne nouvelle, certes, mais qui demande une petite patience puisqu'elle ne sera commercialisée qu'à compter de 2022. En attendant, la jeune pousse, qui jouit déjà du soutien inconditionnel de l'incubateur Pulsalys, aura encore besoin d'un financement de 1,7 million d'euros afin d'assurer le développement de son produit. Un coup de pouce qui devrait provenir de Bpifrance en raison de la source de sa découverte : la recherche fondamentale.


Diagnostiquer les TSA en toute simplicité

L'appli mobile de Sibius est basée sur les réalisations des chercheurs de l'Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod, à l'Université Lyon 1. À savoir, ces scientifiques ont trouvé la preuve de l'existence d'une corrélation parfaite entre les déplacements du doigt parcourant une image et les mouvements oculaires.

Il s'avère d'ailleurs que ces derniers ont fait, depuis plus d'une décennie, l'objet d'une analyse permettant de détecter d'éventuelles pathologies neurocognitives. Quoique le coût du matériel nécessaire soit loin d'être abordable pour les médecins de famille. Une situation qui sera bientôt révolue puisque tous médecins, notamment les orthophonistes – les premiers à être consultés dans ce cas de figure – seront à même de recourir à cette technologie.

Concrètement, le patient aura à passer son doigt sur une image floue apparaissant sur la tablette, qui devient alors progressivement nette à mesure que son exploration avance. Le but étant de voir si son doigt suit les mêmes tracées que ses yeux.

Une opération qui se réalise grâce à des capteurs intelligents. Et la présence d'un TSA se présente par une déviation du regard de l'enfant vers d'autres éléments sur la photo, à part les visages.

À préciser que l'application de Sibius ne s'arrêtera pas sur le dépistage de l'autisme. En effet, plusieurs autres troubles neurocérebraux, tels que les DYS, la maladie d'Alzheimer ou même de « simples » commotions pourront être diagnostiqués grâce à l'intégration de logiciels et référentiels d'analyse bien précis.