La contribution exceptionnelle de la part des mutuelles décrétées par le gouvernement commence à prendre forme. Cependant, il semblerait que les organismes d’assurance aient eu raison sur les conséquences du rattrapage des soins au cours des mois à venir. En témoignent les derniers résultats de l’enquête de l’assurance maladie sur les dépenses de santé.

La santé est au centre des préoccupations en cette période de pandémie du coronavirus. Cette condition se reflète dans les comptes de l'État. En effet, l'Assurance maladie avait récemment indiqué qu'elle accusait des pertes à hauteur de plus de 30 milliards d'euros en cette année 2020, au contraire de la complémentaire santé qui a pu réaliser d'énormes économies.

Mais cette dernière aurait tort de se réjouir rapidement, car depuis la reprise l'on assiste à un rattrapage des soins. En outre, ces thésaurisations vont être vivement sollicitées pour rembourser les dépenses de santé. Selon la branche maladie de la Sécu, il y aurait une hausse de 6,9% par rapport au mois de juillet de l'année dernière.


Analyses médicales, soins dentaires, indemnités journalières…les dépenses de santé en hausse

Les dépenses de santé ont été freinées net par l'imposition du strict confinement. Les assurés n'ont pas pu se rendre à leurs rendez-vous durant cette période, permettant alors aux complémentaires, aux mutuelles, aux assureurs ainsi qu'aux institutions de prévoyance de se constituer une réserve conséquente de capital.

Mais force est toutefois de constater que la reprise aura été synonyme de rattrapage, les analyses médicales ont bondi de 31% par rapport à juillet 2019. C'est du moins ce qu'ont démontré les chiffres de la caisse nationale d'assurance maladie. C'est notamment dû à la ruée vers les tests de dépistage du covid-19.

Les mutuelles font pour leur part état d'une surconsommation des soins dentaires. Quant aux dépenses des établissements publics de santé, elles sont en hausse de 13%. Il est également à noter que les indemnités journalières accusent un même taux de croissance, traduisant le reflux des arrêts de travail survenu au mois d'avril. D'ailleurs, cette situation devrait empirer puisque les analystes prévoient une hausse du chômage pour les mois à venir.

En effet, on risque d'assister à une vague de licenciements afin de permettre aux entreprises d'amortir les pertes engendrées par la période de cantonnement.


Les mutuelles ont-elles eu raison ?

Ce triste constat semble venir confirmer la théorie des mutuelles santé. Ces dernières ont pu réaliser des économies sur les remboursements des dépenses de santé durant le cantonnement. Le gouvernement prévoyait d'ailleurs d'en taxer une partie afin de renflouer les caisses de l'assurance maladie. Mais les mutuelles avaient répliqué que ces économies seraient probablement sollicitées dans les mois à venir à cause de la hausse du chômage et du rattrapage des soins.

Elles ont même indiqué que les dépenses pourraient augmenter, conséquence des reports de traitements qui ont aggravé certaines pathologies.

Toutefois, le ministre de la Santé, Olivier Veran, a confirmé la mise en place de cette contribution exceptionnelle de la part des mutuelles lors du dernier Ségur de la Santé. Ce désaccord pourrait mener les organismes d'assurance à augmenter leurs tarifications. Toujours est-il que l'on continue encore d'assister aux retombées de la pandémie sanitaire.