Si le paiement à l’acte est aujourd’hui à la base du système de santé en France, de nombreux acteurs militent pour la mise en place d’une rémunération forfaitaire en faveur des professionnels de santé. Cette transition semble être en bonne voie, et pour qu’elle se concrétise les compagnies d’assurance auront un rôle essentiel à jouer.

La France se targue d'avoir l'un des meilleurs systèmes de santé du monde. En ces temps de crise, ces propos sont passés à la loupe par des professionnels du secteur, mais le gouvernement français tend toujours à améliorer ce système. Dans cette optique, l'État tente de mettre en place les rémunérations au forfait.

La complémentaire santé jouera un rôle crucial dans cette transition. Le PLFSS 2021 prévoit ainsi un financement populationnel où la rémunération du personnel de santé ne serait plus basée sur leurs actes, mais plutôt sur une rémunération forfaitaire de ces professionnels en fonction des opérations chirurgicales réalisées.

Une rémunération forfaitaire pour les professionnels de santé

C'est une réforme qui fait beaucoup parler en ce moment : la rémunération forfaitaire des professionnels de santé. Certes, c'est une bonne nouvelle au vu de la reconnaissance que les citoyens français allouent enfin au personnel du secteur et des risques qu'ils encourent, mais qu'en est-il des conséquences sur les distributeurs de complémentaire santé ? Si cette réforme venait à s'imposer définitivement, sur quelles bases ces dernières doivent- jaugerelles les remboursements à leurs charges ?


Qui plus est, le vieillissement de la population se maintient en France. Or comme on le sait tous, les personnes du troisième âge engendrent bien plus de dépenses de santé. En outre, comme le soulignent les professionnels du secteur, les couvertures maladie complémentaires agiraient en tant que des payeurs aveugles et invisibles.

Mais la révolution semble bien être en marche. Il revient ainsi aux complémentaires santé de s'adapter et de participer davantage au financement du reste à charge, qu'il convienne de souligner est le plus faible en France comparé aux autres pays de l'OCDE. En effet, dans l'Hexagone, les rémunérations sous forfaits ne se montent qu'à 13 % pour les professionnels de la santé, contre 70 % ou 60 % en Allemagne et aux Pays-Bas.

Une meilleure collaboration avec les régimes obligatoires

C'est un nouveau défi qui se présente aux complémentaires santé. Mais les professionnels du secteur ne doutent pas de leurs capacités à se réinventer. Ces derniers ont d'ailleurs indiqué que c'est l'occasion pour les complémentaires de se coordonner davantage avec les régimes obligatoires, soit l'assurance maladie. En clair, les deux entités sont invitées à mieux travailler ensemble et de prendre en charge des prestations qui sont jusqu'ici peu ou pas du tout remboursées.


C'est notamment le cas des traitements pour le cancer et de l'éducation thérapeutique des malades atteints d'une affection chronique. Les professionnels du secteur indiquent, en effet, qu'en dépit du fait que les soins soient pris en charge par l'assurance maladie et les complémentaires, certains aspects sont encore négligés comme le traitement de la douleur ou les effets secondaires du traitement pour lesquels les assurés doivent payer de leur poche.

En ces temps de crise sanitaire, il est donc temps pour les acteurs concernés de restructurer en profondeur le système de santé en France.