Il est de notoriété publique que les frais d’assurance varient selon les risques encourus par les contractants. Les tarifs appliqués par les assureurs santé ne font pas exception. L’écart peut même être flagrant entre les cotisations. Et force est de constater qu’un assuré âgé qui habite dans une agglomération débourse davantage d’argent qu’un profil jeune résidant en province.

Un euro au maximum et gratuit pour les ménages les plus modestes, c’est le coût journalier de la complémentaire santé solidaire (CSS) qui devait remplacer les deux dispositifs d’aide – la Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l’Aide à la complémentaire santé (ACS) – à compter du mois de novembre.

Il convient pourtant d’admettre que ceux qui disposent de couvertures dites « classiques » se trouvent très loin du compte. Et force est d’ailleurs de constater que les prix varient grandement d’un profil à un autre et d’une localité à une autre. À savoir, les familles s’en sortent le mieux tandis que les retraités sont les moins lotis. Parallèlement, les habitants de petites municipalités sont moins taxés que ceux des grandes villes.


L’âge et le profil jouent un rôle important

Dans le cadre d’une étude, notre comparateur mutuelle a observé les grilles tarifaires de 45 établissements de renom distribuant des couvertures santé complémentaires – individuelles ou collectives. Trois profils types d’assurés ont été alors dressés pour mener à bien la comparaison :

  • Un salarié de 25 ans et célibataire ; 
  • Une famille de quatre personnes : un couple avec deux enfants ; 
  • Un couple de 60 ans aux garanties « renforcées ».

Les résultats ont révélé de grandes variations de prix intergénérationnelles. Il s’avère, en effet, que les familles sont plus privilégiées que les deux autres entités. Ce qui est des plus logique puisqu’elles bénéficient des offres en « package », comme l’explique un de nos experts, Fabien Soccio :

« Les assureurs construisent des forfaits dédiés aux familles, considérant que les parents consomment peu et que l'assurance maladie prend très bien en charge les enfants ».

Les seniors, quant à eux, semblent être pénalisés par leur nécessité de plus en plus fréquente de se soigner alors que les dépenses y afférentes sont, sans la plupart des cas, onéreuses. De fait, il ne faut pas oublier que les cotisations d’assurance sont d’autant plus élevées à mesure que les risques le sont aussi.

Le plus frappant, c’est que le rehaussement des tarifs pour ce profil est tel que ceux-ci peuvent s’élever jusqu’à 1,5 mois de pension en moyenne. Concrètement, un couple sexagénaire est facturé annuellement à 2 560 euros (la moyenne nationale révélée par notre site de comparaison) alors qu’un foyer composé de quatre personnes – parents et enfants – ne débourse que 263 euros par personne, à raison d’un forfait de 1 052 euros. En comparaison, un jeune célibataire sans enfant paie 37 euros de plus seulement (300 euros par an).

Des disparités territoriales

Les disparités sont nettement perceptibles si bien que l’écart entre les contrats peut même atteindre les 440 euros. Et si leur corrélation avec l’âge peut être compréhensible en raison des besoins différents en matière de soins, la localité est également un élément déterminant. La comparaison réalisée par nos experts, au niveau des tarifs imposés aux familles assurées, en est une preuve tangible.


Dans la capitale, celles-ci doivent régler 1 145 euros par an en moyenne contre 1 029 euros en Ille-et-Vilaine et en Orne, et 1 031 euros en Vienne. Les tarifs dans les Hauts-de-Seine et dans les Alpes- Maritimes se rapprochent quelque peu de ceux des mutuelles parisiennes, avec respectivement 1 141 euros et 1 138 euros.

Ces mêmes villes sont considérées comme étant plus onéreuses par rapport à la moyenne nationale en ce qui concerne les frais de couverture maladie des jeunes salariés tandis que le Val-de-Marne se joint à Paris et aux Hauts-de-Seine pour les seniors, avec respectivement 2 771 euros, 2 815 euros et 2 834 euros par an. À côté, Cher, Indre-et-Loire ainsi qu’Eure-et-Loir proposent des prix bien plus raisonnables tournant autour de 2 393 euros.

L’explication se trouve dans les dépassements d’honoraires qui sont plus fréquents et coûteux dans les grandes agglomérations. Certaines localités sont, quant à elles, pénalisantes en raison d’une hygiène de vie moins saine qui accroît les risques de contamination de maladies. À Fabien Soccio de souligner :

« Ces différences correspondent à la réalité du marché. Assureurs et mutuelles segmentent la population en fonction de risques et de coûts qui diffèrent aussi selon les lieux ».