Alors que la course au vaccin contre la Covid-19 entre les plus grands laboratoires pharmaceutiques du monde fait rage, tous les pays touchés par l’épidémie s’organisent pour une grande campagne de vaccination de leur population. En France, la Haute Autorité de santé se veut rassurante et écarte tout risque de pénurie de vaccins.

Après plusieurs mois de recherches, de tests in-vitro et d'essais cliniques, quelques-uns des plus grands laboratoires américains et européens s'apprêtent à lancer la production de vaccins anti-Covid-19 dont l'efficacité dépasse les attentes.

Pour sécuriser l'accès de ses pays membres à ces vaccins, la Commission européenne a déjà précommandé plusieurs millions de doses, lesquelles pourraient être livrées dès 2021. Face à cette perspective, la France se prépare déjà à lancer une grande campagne de vaccination, dont les détails seront dévoilés vers la mi-décembre. La Haute Autorité de santé prévoit d'ores et déjà que les publics prioritaires en seront les premiers bénéficiaires.

Les personnels soignants au cœur de la future campagne de vaccination

Lors d'une interview en ligne pour le compte de BFMTV, la professeure Elisabeth Bouvet a révélé certaines informations cruciales à propos du déroulé de la vaccination anti-Covid-19 – un acte remboursé par l'Assurance maladie et la mutuelle santé. Selon la présidente de la Commission technique de vaccination (CTV), les personnels soignants des hôpitaux et des médecines de ville seront en première ligne dans cette campagne, en particulier les médecins généralistes.


Afin de ne pas reproduire les erreurs de la campagne anti-H1N1 de 2009, elle appelle les médecins généralistes à promouvoir cette opération. Elle souligne également le rôle déterminant des pharmaciens et des infirmiers, qui devraient pouvoir vacciner et contribuer ainsi au succès de la campagne. La Pr Bouvet rappelle toutefois que la vaccination des populations françaises est conditionnée à la production d'un vaccin à l'efficacité prouvée contre la maladie. Les résultats des tests disponibles actuellement montrent une grande efficience de certains nouveaux produits des grands laboratoires, au-delà même des prévisions initiales.

Aucun risque de pénurie à l'horizon

La Professeure Bouvet tente aussi de rassurer ceux qui craignent une pénurie de doses en cas de forte demande au niveau mondial.

Elle rappelle que la France, grâce à une précommande effectuée par la Commission européenne, aura un accès direct à des doses lui permettant de vacciner tous les publics prioritaires. La CTV fournira prochainement plus d'indications sur ces personnes, qui devraient inclure les :

  • professionnels de santé ;
  • salariés d'établissement médico-social ;
  • les profils particulièrement vulnérables à la maladie.

La HAS collabore avec l'Institut Pasteur, l'École des hautes études en santé publique et l'Inserm pour affiner le profil des « publics prioritaires ». Les détails concernant le programme de vaccination, qui fait actuellement l'objet d'une consultation publique, seront dévoilés vers la mi-décembre. Même si les premières doses livrées à la France ne suffiront pas à vacciner l'ensemble de la population, le risque de pénurie est à écarter, selon la Pr Bouvet.