Depuis le 5 février dernier, la vaccination contre le coronavirus est devenue obligatoire pour les Autrichiens majeurs. Sur le Vieux Continent, cette mesure constitue une première. Toutefois, les contrôles ne seront mis en œuvre que dans un mois. Depuis, les contrevenants se voient décerner une amende qui peut atteindre jusqu’à 3 600 euros.

En Autriche, la population d'au moins 18 ans est contrainte de se faire vacciner contre le SARS-CoV-2 depuis le 5 février 2022. La veille, le président de la République a promulgué une loi consacrant cette obligation. Inédite en Europe, cette mesure a déjà été prise dans d'autres pays tels que l'Indonésie, le Turkménistan ou le Tadjikistan. C'est pareil en Équateur, même pour les enfants de 5 ans ou plus.

Selon le ministre local de la Santé, la vaccination imposée nourrit deux grands objectifs. D'un côté, elle vise à se préparer face à l'émergence potentielle de nouveaux variants dans les prochains mois. De l'autre, elle doit protéger contre les nouvelles vagues.


Certaines personnes sont exemptées de l'obligation

Le projet a été élaboré en novembre 2021, à un moment où la pandémie s'accélérait en Europe et en Autriche. Un contexte qui a engendré une augmentation des activités des comparateur assurance santé. Durant plusieurs semaines après sa présentation, les protestations se sont multipliées dans les rues pour dénoncer une mesure jugée :

  • Liberticide ;
  • Radicale.

Des critiques ont aussi été émises sur l'utilité de cette loi face à :

  • La recrudescence du nombre d'infections ;
  • La moindre dangerosité du variant Omicron.

D'ailleurs, le chancelier Karl Nehammer a annoncé en parallèle un allègement des restrictions sanitaires.

Approuvée par le Parlement autrichien le 20 janvier 2022, la piqûre pour tous connaît quelques exceptions :

  • Les personnes se faisant exempter pour des motifs médicaux ;
  • Celles ayant été contaminées par le SARS-CoV-2 moins de six mois auparavant ;
  • Les femmes enceintes.

Concernant les inspections, elles ne commenceront qu'à la mi-mars 2022. Des amendes, qui pourront être comprises entre 600 euros et 3 600 euros pourront alors être infligées. Néanmoins, elles sont annulées si le contrevenant se conforme à la nouvelle règle dans les 15 jours.

Les opinions sur la mesure divergent

Afin d'éviter l'expiration de son attestation vaccinale, une jeune femme de 23 ans est venue prendre sa troisième dose. Expliquant agir sans aucune conviction, elle indique :

Je ne voulais pas rester enfermée chez moi.

Pour rappel, l'accès aux lieux culturels et sportifs, ainsi qu'aux restaurants est fermé en Autriche aux non-vaccinés. Dorénavant, ils s'exposeront aussi à des amendes, ce que la vingtenaire considère comme malsain.

En revanche, d'autres se montrent favorables à la vaccination obligatoire. Selon une récente étude, six Autrichiens sur dix supportent le dispositif. Une employée dans un cabinet de notaire se plaint que depuis longtemps :

On en aurait fini […] avec la pandémie si tout le monde s'était fait vacciner.

Malgré cette règle draconienne, le pourcentage de vaccination n'a que peu augmenté en Autriche. Il s'établit toujours en-dessous des taux remarqués en Espagne ou dans l'Hexagone (environ 70 % de la population). Quelques jours avant l'entrée en vigueur de la mesure, un responsable au sein de l'association humanitaire Arbeiter-Samariter-Bund a déclaré :

Nous sommes loin d'atteindre la capacité maximale, ça stagne totalement.

Pour information, cet organisme gère un des centres de vaccination de Vienne.