La direction de la CPAM vient d’annoncer la suppression de son centre de santé dentaire à La Courneuve. Une décision incompréhensible étant donné que le 93 est le département de France où la population est la plus fortement touchée par le chômage, la pauvreté et doit faire face à une immense vague de licenciements. Les chirurgiens-dentistes, les assistants et le maire de la ville se mobilisent actuellement pour faire obstacle à cette décision.

Incompréhension des patients

La dernière dentisterie de la CPAM dans le 93 est menacée de mise à l'arrêt par la direction, après seulement deux ans d'existence. En cause, un lourd déficit de 400 000 euros.

Une décision que les patients ont du mal à comprendre étant donné que le centre ne désemplit pas et que bon nombre d'affiliés à l'assurance maladie ne peuvent pas se permettre d'aller se faire soigner dans le privé.

L'équipe sur place est aussi consternée par cette mesure. Elle se considère comme victime de la mauvaise gestion du centre depuis son ouverture. Les quatre orthodontistes et la chirurgienne-dentiste s'interrogent sur leur avenir professionnel.


Si les uns ne souhaitent pas déménager dans les départements voisins, les autres n'envisagent pas d'accepter des postes qui ne leur conviennent pas.

Un grand désert médical

Autre préoccupation majeure pour l'équipe de la dentisterie : le suivi des patients. Pour le moment, aucune mesure n'a été prise pour rediriger les familles vers des structures à proximité ou vers des partenaires.

Par ailleurs, la plupart des quelques 300 patients de la structure sont titulaires de la CMU, la couverture maladie universelle dont bénéficient les personnes les plus démunies.

Or, 10 % des professionnels de la santé refusent de les prendre en charge selon un sondage de l'UCF Que-Choisir en mars dernier.

Gilles Poux, le maire de la commune, se mobilise pour le maintien aux droits d'accès aux soins des patients du département où il n'y a que 2,1 soignants pour 1 000 habitants – contre un ratio de 10,2/1000 dans le 13e à Paris. Comme 43 % de la population perçoivent des revenus en dessous du seuil de pauvreté, ils sont souvent contraints de renoncer aux soins dentaires faute de moyens.

L'élu a ainsi adressé une lettre à la CPAM pour lui demander de renoncer à la fermeture du centre. Pour l'heure, il n'a reçu aucune réponse.

En attendant, une pétition en ligne a été lancée sur le site change.org pour exiger le maintien du centre. La prise de décision finale par la CPAM du département sera pour le 18 décembre prochain.