Un comité de suivi de l’application de la réforme 100 % Santé a été prévu dans le décret n° 2019-21 du 11 janvier 2019. Les sujets abordés lors de la dernière réunion du 15 septembre 2020 portent principalement sur la régulation tarifaire et l’accès au tiers payant. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a manifesté son mécontentement aux mutuelles.

Avec la réforme 100 % Santé, les frais liés aux soins dentaires, oculaires et auditifs doivent être à terme entièrement remboursés. Les équipements achetés auprès des opticiens et des prothésistes sont également concernés. Les prestations de l'Assurance Maladie et des spécialistes de la mutuelle santé permettront aux Français de réduire, voire supprimer ce qui reste à leur charge.

Le plan gouvernemental se déploie progressivement sur trois ans, et ce, depuis le 1er janvier 2019. Un comité de suivi en assure la mise en œuvre. Quel bilan tire-t-il du dernier échange au ministère de la Santé ? Le quotidien Le Parisien en a abordé les principaux points.


Vers une hausse des cotisations

En tant que ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran a demandé aux complémentaires santé de ne pas rehausser leurs tarifs pour 2021. Il estime qu'elles seront en mesure d'absorber les dépenses supplémentaires induites par le reste à charge zéro. Une prévision que les professionnels concernés réfutent. Au cours des deux prochaines années, ils devront verser une taxe exceptionnelle de 1,5 milliard d'euros auprès de l'État. Cette somme s'explique par les économies réalisées durant la crise sanitaire.

Les mutuelles justifient également l'éventuelle augmentation des cotisations par l'alourdissement des frais de santé pris en charge par la Sécurité sociale. Ces derniers progresseront de 4 à 5 % compte tenu des conséquences médicales du coronavirus. Les pouvoirs publics finiront-ils par imposer aux complémentaires santé des mesures contraignantes pour qu'elles respectent leurs engagements ?

L'accès au tiers payant intégral et au panier de soins sans reste à charge n'est pas près de se démocratiser

Seulement 80 % des assurés qui consultent pour des soins d'optique bénéficient du tiers payant. Du côté des soins permettant de traiter les troubles de l'audition, le pourcentage s'établit à 50 %, contre 30 % sur le marché des soins dentaires. Or, Olivier Véran reste persuadé que seule l'instauration du tiers payant intégral garantira le succès de la réforme.


En dépit de la diminution des prix, le recours aux soins auditifs s'élève tout juste à 13 % du marché. Le ministre de la Santé compte sur leur remboursement intégral en 2021 pour faire décoller le secteur. Dans le domaine de l'optique, le niveau de délivrance se chiffre à 16 %, alors que l'objectif du gouvernement tourne autour de 20 %. Olivier Véran estime que tous les opticiens doivent faire la promotion des offres 100 % Santé. Pour s'en assurer, il envisage de contrôler la profession.