Le burn-out bientôt reconnu comme étant une maladie ?

Selon les analystes, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) serait sur le point de reconnaître le burn-out comme étant une maladie. En effet, le 28 mai dernier, l’organisme a déclaré qu’il considère désormais ce trouble comme un « phénomène lié au travail ». Cette redéfinition du burn-out pourrait bientôt l’amener à être intégré dans la Classification internationale des maladies.

La décision de l’OMS repose notamment sur plusieurs études en cours sur le sujet. Des spécialistes du monde entier ont ainsi contribué à démontrer l’ampleur du phénomène. Cependant, avant d’être reconnu comme maladie, le burn-out doit encore faire l’objet de nombreuses recherches sur ses spécificités et son impact sur la population.


Une redéfinition du trouble

D’après le porte-parole de l’OMS, seule la définition du terme burn-out a été revue en tenant compte des recherches actuelles sur le sujet. Ainsi, il est désormais décrit comme un syndrome provoqué par un stress chronique au travail et qui n’a pas pu être géré correctement.

Le trouble est par ailleurs caractérisé par plusieurs éléments, incluant un sentiment d’épuisement, une réduction de l’efficacité professionnelle ainsi que du cynisme ou des sentiments négatifs associés à son travail.

D’après le registre de l’OMS :

« Le burn-out fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie ».

Publiée en 2018, la nouvelle classification « CIP-11 » a été adoptée par les États membres de l’OMS lors de la 72ème Assemblée mondiale qui s’est tenue à Genève fin mai. Elle sera appliquée à partir du 1er janvier 2022. Cette liste présentée par l’OMS est notamment basée sur les travaux d’experts venant du monde entier.

En dressant sa Classification des maladies, l’OMS permet aux professionnels de la santé d’utiliser un langage commun en vue d‘échanger des informations et de coopérer à l’échelle internationale. La liste évolue au fil des années pour rendre compte de la situation sanitaire de la population mondiale et des défis liés à chaque époque.


Une première étape dans la reconnaissance d’un problème sanitaire mondial

Après l’éventuelle reconnaissance du burn-out comme maladie, les médecins et l’assurance santé devraient prévoir des mesures en conséquence. En effet, ce changement implique la mise au point de prises en charge spécifiques et d’actions préventives.

Toutefois, l’OMS n’a pas encore officialisé cette modification de statut du burn-out pour l’instant. Couramment considéré comme un épuisement professionnel, ce trouble est assez méconnu du grand public et même du corps médical. De ce fait, son introduction dans la Classification permettrait d’obtenir plus d’informations sur les statistiques et les tendances sanitaires mondiales.

Le porte-parole de l’OMS a d’ailleurs précisé que le burn-out est passé de la catégorie des « facteurs

influençant l’état de santé » à celle des « phénomènes liés au travail », sans pour autant être introduit dans la liste des maladies.

Une note adressée aux médias a apporté davantage d’explication sur ces nuances :

« L’inclusion dans ce chapitre signifie précisément que le burn-out n’est pas conceptualisé comme une condition médicale, mais plutôt comme un phénomène lié au travail ».

En d’autres termes, le trouble n’est plus considéré par l’OMS comme un simple facteur. Il est désormais reconnu comme une entité à part entière. Cette première étape pourrait annoncer la reconnaissance de ce phénomène comme étant une véritable pathologie. En effet, des syndromes comme la fibromyalgie sont également passés par cette étape avant d’être finalement reconnus comme des maladies.