En Corse, tout comme dans bon nombre de régions de la France, la situation sanitaire s’aggrave. Dans toute l’île, le taux d’incidence s’est élevé aux dernières nouvelles à plus de 600, d’après les chiffres annoncés par l’ARS. Quant aux indicateurs hospitaliers, ils sont tout aussi désastreux : rien que pour le week-end du 31 juillet au 1er août, l’hôpital de Bastia a accueilli plusieurs dizaines de patients atteints de forme grave.

La quatrième vague de contaminations au covid-19 frappe de plein fouet la France, depuis déjà quelques semaines. Plusieurs régions se retrouvent actuellement en zone rouge, dont la Corse. La tension règne dans l'île de Beauté, affichant plus de 200 morts du Coronavirus depuis le début de la pandémie.

Les services COVID du centre hospitalier de Bastia sont depuis quelques jours au bord de la saturation, avec autant de jeunes que de personnes âgées, couverts ou non par une mutuelle santé et à 90% non vaccinés. À tel point que le Plan blanc y a été déclenché. Dans ce cadre, certains patients souffrant de forme grave sont évacués vers la métropole.


Un 4ème service dédié aux malades du covid-19

L'an dernier, il y a eu comme une trêve durant les vacances d'été avant que les propagations du covid-19 ne reprennent. Cette année, la 4ème vague de la pandémie a frappé sans que les vacanciers aient pu crier gare.

La Corse, reconnue pour sa forte capacité d'accueil touristique, n'en est pas épargnée. Le jeudi 5 août, les statistiques de l'Agence régionale de santé ont révélé 68 covidés hospitalisés, dont 15 en service de réanimation ou nécessitant des soins intensifs. Durant le week-end du 31 juillet et le 1er août, l'hôpital de Bastia a enregistré plusieurs dizaines de nouvelles admissions.

Un afflux de patients, alors que plusieurs soignants sont partis en congé. Une situation frôlant la saturation de l'établissement et qui mérite une réaction rapide de ses dirigeants. De fait, n'ayant plus que 4 lits spéciaux COVID, tous services confondus, en début du mois alors que la structure en avait consacré 37, le personnel a dû reconvertir le département chirurgical pour en faire un 4ème service dédié et disposer de 10 lits supplémentaires. Au directeur de l'hôpital de Falcunaghja, Jean-Mathieu Defour, d'expliquer :

Nous avons une unité de soins réanimation — soins continus de 11 lits dans lesquels il en reste 2. Nous avons une unité de 26 lits de médecine COVID dans lequel il doit rester, à peu près, 2 lits. Les services ne sont pas loin de la saturation, et donc nous préparons l'ouverture d'un 4ème service.

Le Plan blanc pour réduire la tension au sein des hôpitaux

659, c'est le taux d'incidence pour l'ensemble de la Corse, toutes catégories d'âge confondues, au 4 août dernier, selon les préfets et l'ARS. Concernant les jeunes de 15 à 19 ans, ce ratio remonte à 1 900 pour 100 000 habitants. À savoir, cette forte hausse s'explique sans doute par la présence importante du variant Delta.


Ce contexte a poussé les autorités sanitaires à instaurer le « Plan blanc », l'objectif étant de désengorger les hôpitaux. Cette solution étant mise en place en cas de situation sanitaire exceptionnelle ou une activité accrue des hôpitaux.

Dans cette vision, des malades sont transférés vers des établissements voisins. C'est d'ailleurs le cas d'un patient de l'hôpital de Bastia, évacué par voie aérienne jeudi 5 août dernier vers celui de Marseille. Le concerné souffrait d'une forme grave du coronavirus et nécessitant un traitement particulier. À l'ARS de préciser :

Ce transfert s'intègre dans le cadre de l'activation mardi du Plan blanc régional, et permet de relâcher temporairement la tension des services de réanimation régionaux.

À noter que les évacuations sanitaires suite au covid-19 depuis l'île de Corse vers les hôpitaux marseillais ont commencé depuis le 22 mars 2020. À Jean-Mathieu Defour d'en exprimer son soulagement :

Si on peut transférer un ou deux patients, ça serait bien.