Certaines prothèses dentaires seront totalement remboursées à partir de 2020

Le coût des soins dentaires varie en fonction du professionnel approché et de la nature de l’intervention. Les écarts entre les tarifications sont assez importants dans le milieu et peuvent même aller jusqu’au triple. De ce fait, les Français sont particulièrement attentifs aux types de soins remboursés par leur mutuelle.

En tenant compte du pouvoir d’achat moyen des ménages, l’exécutif a initié une réforme de la prise en charge des soins dentaires. Elle devrait être appliquée à l’échelle nationale à l’horizon 2020. De nombreux observateurs s’inquiètent toutefois de l’impact de cette mesure sur les personnes ayant des revenus faibles ou ne disposant pas d’une bonne mutuelle.


Un système de remboursement assez complexe

Concernant la réforme dans le domaine, la FDSL (Fédération des syndicats dentaires libéraux) dénonce une manière détournée d’inciter les plus pauvres à se tourner vers des soins dentaires « low cost». Certains dentistes s’inquiètent également d’un système particulièrement défavorable aux ménages les plus modestes.

Selon eux, avec ces changements, le patient n’aura accès qu’à des soins rudimentaires s’il ne possède pas une bonne mutuelle. De plus, de nombreux praticiens continuent à ne pas recevoir les personnes affiliées à la CMU. La qualité des soins dentaires risque ainsi de varier de manière significative en fonction des revenus.

De son côté, le Régime local d’Assurance maladie d’Alsace-Moselle prévoit de financer le « reste à charge zéro » initié par la réforme. Il envisage même de rembourser entre 10 et 20 % du ticket modérateur pour les soins de ville.

Le Régime local couvrira également les dépassements d’honoraires pour les praticiens qui se sont engagés à les limiter. Pour financer ce dispositif, il sera toutefois nécessaire de mettre en place une cotisation pour les employeurs et d’augmenter la cotisation des assurés.

Le système allemand, en revanche, tend à prioriser la prévention. Un bonus de prise en charge est ainsi prévu pour les patients qui se rendent de manière assidue chez le dentiste. Par ailleurs, une fois par an, les praticiens sensibilisent en matière d'hygiène bucco-dentaire et proposent des conseils en alimentation dans les écoles.


Davantage de détails sur la prise en charge des prothèses dentaires

Tout le monde ne dispose pas d’une bonne complémentaire santé permettant d’accéder aux meilleurs soins dentaires. De ce fait, les Français accordent une grande importance à la réforme sur les prises en charge en la matière.

Généralisé à partir de 2020, le « reste à charge zéro » pour les soins dentaires se déploie progressivement dans l’Hexagone. Dans ce contexte, l’Assurance maladie a négocié une convention avec plusieurs syndicats de dentiste pour permettre la prise en charge totale de certaines prothèses dentaires. Jusqu’ici, la tarification pour les prothèses n’était pas encadrée.

Une fois la convention signée, le prix des prothèses sera plafonné et réparti en trois paniers de soins distincts. Le premier, dit « reste à charge zéro », couvrira les soins dentaires basiques ainsi que les prothèses standards. Son plafond sera de 500 euros.

Le second panier sera plafonné à 550 euros et inclura les couronnes, les bridges et les dentiers. Enfin, le troisième comprendra les prothèses considérées comme haut de gamme. Pour ce dernier panier, les prix appliqués ne seront pas encadrés.

Selon cette convention, les contrôles bucco-dentaires seront gratuits pour les 3 à 24 ans, au lieu de 6 à 18 ans. Les actes de dévitalisation seront également gratuits pour les patients diabétiques. Toutefois, pour compenser la réduction des prix des prothèses, la tarification des « soins conservateurs » (détartrage, traitement des caries, extraction de dents…) devra être revue à la hausse.