La réforme prévue par le ministère de la Santé quant à la revalorisation salariale du personnel soignant se concrétise. Mais un accord officiel n’a pas encore été toutefois trouvé. La faute à un manque de moyens financiers des établissements de santé concernés. En effet, les cliniques privées et les hôpitaux privés non lucratifs ont indiqué qu’ils n’avaient pas la trésorerie nécessaire.

Les professionnels de la santé se sont littéralement retrouvés au front durant la vague de propagation du covid-19. Ils n'ont pas fui leur devoir, et ce, malgré la forte exposition au virus. Un dévouement salué par les citoyens français et le gouvernement. L'État avait d'ailleurs annoncé qu'une prime de risque leur serait versée en conséquence, plus une revalorisation salariale à hauteur de 180 euros environ, net mensuels.

On annonçait que cette réévaluation en termes de salaire ne se ferait que l'année prochaine, mais elle devrait intervenir dès ce mois de septembre. Le versement d'une première tranche de 90 euros devrait d'ailleurs survenir d'ici peu grâce à la contribution exceptionnelle de la complémentaire santé.


160 euros nets mensuels pour le secteur privé

Lors du dernier Ségur de la Santé, Olivier Véran avait annoncé que la taxe destinée aux assurances, aux mutuelles santé et aux institutions de prévoyance sur les économies de remboursement allait permettre de renflouer les caisses de la branche maladie de la Sécurité sociale. Une rentrée de fonds qui aura permis de mettre en place plus rapidement la réforme sur la revalorisation salariale des professionnels de la santé.

Ce projet est en train d'être finalisé, d'ailleurs les hausses de salaire dans les cliniques devraient intervenir dans les prochains jours selon les déclarations, datant du 10 septembre dernier, du président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), Lamine Gharbi.

Concernant le secteur privé, une augmentation générale de 160 euros est prévue, via un versement en deux tranches. La proposition a été soumise aux organisations syndicales et un accord devrait être signé d'ici peu, selon les estimations de Lamine Ghabri.

Une aide financière de l'État est nécessaire

Mais cette revalorisation salariale aura des répercussions sur le budget des cliniques privées. Un apport financier est requis, comme le souligne le dirigeant de la FHP. Il a indiqué que ces établissements de santé ne disposent pas des fonds pour mettre en place cette réforme qui nécessite un coût supplémentaire d'environ 700 millions d'euros par an.


D'après Lamine Gharbi, la revalorisation salariale devrait ainsi être intégrée dans les tarifs hospitaliers qui devraient aussi être revus à la hausse. Il a d'ailleurs indiqué qu'il avait déjà demandé une hausse de 10 % pour l'année 2021.

La réforme n'en est encore qu'à ces prémisses. Christine Schibler, déléguée générale de la FHP, rajoute qu'un deuxième temps de négociation est nécessaire, une fois que le projet d'accord dans le secteur public aura abouti. Les hôpitaux privés non lucratifs souhaitent également entamer des négociations avec l'État dans la mise en place de cette réforme. Ils ont eux aussi indiqué qu'ils ne disposaient pas des ressources financières nécessaires pour garantir la revalorisation salariale prévue par le ministère de la Santé.

C'est le secteur public qui a lancé les festivités, la hausse des salaires, initialement prévue pour janvier 2021, ayant été avancée à septembre 2020 ou au plus tard au mois d'octobre prochain.