Les problèmes de vue impactent notablement sur l’apprentissage de la vie. Contrôler la santé oculaire de leurs enfants est, de ce fait, plus qu’une obligation pour les parents. Les moyens d’y parvenir ne manquent pas aujourd’hui grâce aux avancées technologiques. Dernièrement est apparue, sur le devant de la scène, l’application CRADLE, à même de détecter certaines pathologies au niveau des yeux des tout-petits.

L’intégration de l’intelligence artificielle dans certains équipements High Tech est, sans conteste, pour beaucoup dans l’amélioration de la qualité de vie pour bon nombre de gens. Par le biais d’applications mobiles ou accessibles sur ordinateur, celle-ci apporte confort, commodité et bien-être aux utilisateurs. Et si les secteurs bancaire et assurantiel sont les mieux lotis, celui de la santé n’est pas en reste.

Sur ce marché, il fait même florès. Pour preuve, CRADLE a été tout récemment mis sur avant, par des scientifiques américains, de l’Université de Baylor, afin de permettre un diagnostic précis et précoce des troubles oculaires chez l’enfant. Le prototype contribue notamment au dépistage du rétinoblastome, un cancer difficilement détectable à ses débuts, mais qui s’avère fort agressif. Mais il n’y a pas que cette tumeur, car d’autres maladies peuvent être aussi dépistées.


Un diagnostic précoce pour plus d’espoir de guérison

Les enfants en bas âge, de 1 à 2 ans, sont des sujets à risque du rétinoblastome, une tumeur intraoculaire transmissible ou non de parents à leurs progénitures. Si ce type de pathologie est rare, à raison d’une soixantaine d’incidences par an dans l’Hexagone, il s’agit cependant d’un cancer des plus agressif. Sauf qu’il convient d’admettre qu’il est possible de le vaincre dans plus de 95% des cas.

Et d’une façon logique, le patient aura plus de chance de s’en sortir – éviter les complications et conserver son œil – si le dépistage est opéré précocement. Même si l’on sait pertinemment que les traitements sont pris en charge soit par l’Assurance maladie, soit par les mutuelles auprès desquelles les parents du bébé se sont souscrits.

Or, ce dernier est souvent réalisé tardivement, c’est-à-dire une fois qu’un reflet blanc est apparu au niveau de l’une ou des deux pupilles lorsque certains éclairages y sont appliqués, notamment le flash d’un appareil photo. À savoir, ce symptôme appelé leucocorie peut ne pas être le seul observé puisque d’autres signes peuvent aussi apparaître, comme :

  • Un strabisme persistant ; 
  • Un changement de la couleur de l’œil affecté (qui est plus rare) ; 
  • Des rougeurs sur les contours des yeux.

Conscients de la gravité de cette pathologie, plusieurs chercheurs de l’Université Baylor ont élaboré une application, nommée CRADLE ou computer assisted detector leukocoia. Disponible sur iOS et Android, les parents intéressés peuvent l’utiliser via leur Smartphone, après l’avoir téléchargé sur App Store ou sur GooglePlay.


Une efficacité, et surtout à grande échelle

La détection des réflexions anormales de la rétine depuis une photographie du patient permet de conclure à la présence du rétinoblastome. L’on pourrait, de ce fait, s’attendre à plus de performance de la part du dispositif si les prises sont plus nombreuses avec des poses et des environnements diversifiés compte tenu des nombreuses possibilités de la réflexion de la lumière sur l’organe endommagé. Et ce, quelle que soit la localisation de lésions oculaires.

Dans le cadre de leur étude, les scientifiques ont utilisé d’anciennes photos des jeunes patients, prises il y a 1,3 an en moyenne avant que les petits ne soient officiellement diagnostiqués. Il s’avère que huit enfants sur dix (80%) atteints d’une décoloration de la rétine ont été détectés. Un taux d’efficacité incroyablement élevé alors que seuls 8% des cas de leucocorie ont permis de détecter la tumeur.

Encore faut-il ajouter que d’autres pathologies peuvent être également diagnostiquées, à en croire les résultats de la dernière étude de ces chercheurs américains. Publiés le 2 octobre dernier, ceux-ci ont révélé une capacité à repérer plusieurs problèmes oculaires. À savoir, cette efficacité pourra encore s’affermir puisque l’algorithme de l’application est en continuelle amélioration. À Bryan Shaw, un coauteur de l’étude, de préciser :

« C'est l'une des parties les plus critiques de la construction de l'application […] Nous voulions être à même de détecter toutes les nuances et toutes les intensités de la leucocorie. Nous espérions que l'application puisse discerner celles associées à d'autres troubles plus courants ou plus rares […] Et nous disions vrai, car jusqu'à présent, les parents et certains médecins l'ont utilisé pour détecter la cataracte, des fibres rétiniennes myélinisées, des erreurs de réfraction, la maladie de Coats et, bien sûr, le rétinoblastome ».