L’État a développé, sous l’impulsion de la CNIL, une application mobile permettant de faciliter le traçage des personnes porteuses du Covid-19. Une initiative d’autant plus importante, car on n’est pas à l’abri d’une nouvelle vague de propagation du virus et d’un reconfinement. Malheureusement, elle semble être bien loin du succès escompté.

La situation semble s'être quelque peu calmée en France, les citoyens retrouvant petit à petit leur quotidien. Mais la fin de la période de confinement ne veut pas pour autant dire que le Covid-19 a été vaincu. Le virus est toujours présent dans l'Hexagone et on recense encore de nouveaux cas tous les jours.

Ainsi, les gestes barrières ne doivent pas être mis aux oubliettes, d'autant qu'il est à rappeler que l'on n'est pas à l'abri d'une nouvelle vague de contamination. Une possibilité qui mettrait en péril la mutuelle santé.

C'est d'ailleurs dans cette optique que le gouvernement a mis en place une application mobile dénommée « StopCovid ».

Quel est le but de cette application ?

L'initiative, dite contact tracing, mise en place tout récemment par le gouvernement français, permet d'établir la liste des personnes avec lesquelles un citoyen a interagi, au cas où l'une d'elles serait porteuse du virus. Et par la même occasion, elle permet de retracer le parcours de l'utilisateur dans l'éventualité où il a contracté le virus.


Un projet qui s'accorde parfaitement avec l'urgence sanitaire actuelle, aucun citoyen ne sort de chez lui sans être muni de son Smartphone. Mais l'idée ne date pas d'hier, elle a été imaginée peu après le début de la période de confinement et a été validée par le ministre de la Santé et le secrétaire d'État au numérique, le 8 avril dernier.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a d'ailleurs confirmé le développement de ce nouveau projet lors d'une conférence télévisée le 13 avril. Cette nouvelle approche fut ensuite validée par l'Assemblée Nationale et l'application est désormais disponible sur les plateformes Android et iOS depuis le 2 juin.

Elle se base sur la fonctionnalité du Bluetooth que l'on utilisait déjà pour relier les Smartphones à des objets connectés. Si une personne est déclarée malade, il sera plus facile de dresser un chemin d'infection via l'application qui fournira la liste des personnes avec lesquelles elle a été en contact.

Un faible taux de téléchargement et des défauts techniques

Mais cette bien bonne intention n'aura pas eu le succès escompté, si l'on tient compte du fait que depuis le lancement de l'application, seulement 3 % des Français l'ont téléchargée, soit 2,3 millions de personnes. Un échec retentissant auquel vient s'ajouter une défaillance technique. En effet, la première version de StopCovid ne recueillait que les informations des contacts préenregistrés sur le téléphone de l'utilisateur. Les données des personnes exemptées de cette liste ne sont donc pas consignées, ce qui complique le suivi.


Un point qu'a déploré la Commission nationale de l'informatique et des libertés de France(CNIL), cette dernière a ainsi exigé une mise à jour afin de corriger ce problème et de nouvelles mesures afin d'étendre son utilisation.

Mais la problématique de la confidentialité vient aussi peser dans la balance. Le fait est qu'une énorme quantité de données personnelles est en jeu. Or, ces informations ne sont pas à l'abri d'un vol sur la toile. Ce facteur est sans doute l'une des raisons expliquant ce faible taux de téléchargements du StopCovid.

Toujours est-il que cet outil est déjà largement utilisé en Europe. Il permet un meilleur suivi afin d'endiguer une nouvelle vague de contamination. La CNIL espère alors qu'il aura prochainement, en France, le même succès que dans les autres pays européens.