La crise sanitaire a inévitablement bouleversé la mobilité des étudiants à l’international. Par exemple, les participants aux programmes Erasmus suivent en France les cours qui devaient normalement leur être prodigués à l’étranger. S’ils n’ont pas été annulés, les séjours dans d’autres pays ont fait l’objet d’une réorganisation. Désormais, les échanges universitaires sont recentrés sur le Vieux Continent.

Nombre d'établissements d'enseignement supérieur en France mettent en place un séjour obligatoire à l'étranger pour leurs étudiants. Tel est notamment le cas de Sciences Po dont la troisième année de licence se déroule systématiquement dans d'autres pays. En fonction de leur âge et de la destination, les jeunes concernés peuvent continuer à solliciter leur mutuelle étudiante.

En raison de la pandémie de Covid-19, tous les étudiants de Sciences Po n'auront pas la possibilité de suivre des cours dans une université étrangère durant une année entière. C'est ce que révèle la directrice des affaires internationales de l'établissement, Vanessa Scherrer. Cette dernière espère toutefois qu'ils pourront y passer au moins un semestre.


De nouvelles conditions qui ne sont pas toujours bien vécues par les étudiants

Vanessa Scherrer note que les séjours des étudiants ont dû être recentrés sur le Vieux Continent dans le contexte de crise sanitaire actuel. Par ailleurs, il a été nécessaire de repenser les échanges universitaires internationaux. Désormais, Sciences Po reconnaît comme valides les échanges académiques en distanciel. Il en va de même pour d'autres établissements d'enseignement supérieur.

D'autre part, nombre de bénéficiaires des programmes Erasmus ont été contraints de suivre depuis la France les cours par écran interposé. Vivant cette situation, une étudiante à l'Institut d'études politiques de Strasbourg confie que les conditions d'échanges universitaires à distance ne sont pas très motivantes. Elle déplore :

C'était censé être la meilleure année de mon parcours, c'est presque la pire.

Elle espère néanmoins passer le second semestre à l'université de Göteborg (Suède), qu'elle aurait dû rejoindre en septembre dernier.

Une autre étudiante à Madrid raconte que les cours qu'elle suit sont dispensés en ligne une semaine sur deux. Elle estime que cette organisation rend difficile la socialisation.

Privilégier d'autres solutions à l'annulation

La mobilité étudiante a reculé de 20 % en 2019 d'après le ministère de l'Enseignement supérieur. Bien que les inscriptions se soient avérées stables à la rentrée, des annulations surviendront certainement compte tenu de la détérioration du contexte sanitaire.


Le secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, Clément Beaune, estime toutefois que l'annulation de tout projet d'échanges constitue une erreur. Il souligne qu'il existe diverses solutions pour ne pas en arriver là : raccourcissement ou ajournement des séjours, changement de destination, etc.

D'ailleurs, comme l'a indiqué la directrice d'Erasmus+, Laure Coudret-Laut, les jeunes ne sont pas moins enclins à étudier à l'étranger. Elle ajoute néanmoins qu'il est nécessaire de rassurer les établissements d'accueil. En effet, certaines universités refusent catégoriquement les étudiants internationaux en Asie, aux États-Unis, au Canada, etc.

Pour éviter de ralentir la dynamique, il importe de rechercher de nouvelles destinations. C'est ce que souligne la vice-présidente des relations internationales à l'Université de Strasbourg, Irini Tsamadou-Jacoberger. Cet établissement a notamment opéré des reports vers la Grèce, l'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni.