Le Covid-19 a occasionné d’importants changements dans l’offre de soins en radiothérapie au Royaume-Uni. C’est ce que montre une étude menée par des oncologues de l’Université de Leeds. Ces spécialistes ont effectué leurs recherches durant la première vague épidémique survenue dans le pays. Leurs résultats ont été publiés dans la revue scientifique The Lancet Oncology.

L'étude des oncologues de l'Université de Leeds met en exergue une diminution notable de la durée des traitements des cancers par radiothérapie. De mars à avril 2020, plus de 3 000 séances ont été raccourcies au Royaume-Uni. L'étude indique également que nombre de patients n'ont pas bénéficié des soins dont ils avaient besoin. Les séances ratées ont néanmoins été décalées pour la plupart. Le risque impliqué par ce report pour les malades est par ailleurs faible.

Les chercheurs espèrent que leurs résultats permettront aux différents professionnels de santé et aux organismes de mutuelle santé de mieux cerner les effets indirects de la pandémie.


Certaines séances de radiothérapie ont diminué tandis que d'autres ont augmenté

D'après les chercheurs britanniques, les séances de radiothérapie ont diminué de :

  • 19,9 % en avril 2020 ;
  • 6,2 % le mois suivant ;
  • 11,6 % en juin.

Ces chiffres résultent de la comparaison avec les mêmes mois en 2019. Les oncologues soulignent que pour le mois de juin, le phénomène reflète un recul alarmant du nombre de personnes chez lesquelles un cancer a été diagnostiqué. Ils notent dans leur étude :

La pandémie continue de perturber gravement le diagnostic du cancer et certains programmes nationaux de dépistage. Cela signifie que moins de patients ont été diagnostiqués avec un cancer au cours de la première vague de la pandémie […] Nous savons que les patients dont le cancer est diagnostiqué tôt ont de meilleures chances d'être guéris, c'est donc vraiment inquiétant. […]

La baisse du nombre de séances de radiothérapie ne concerne cependant pas tous les cancers. En mai 2020, ces soins ont augmenté de 143,3 % pour le cancer de la vessie et de 71,3 % pour le cancer de l'œsophage. En avril, une progression de 36,3 % de la radiothérapie contre le cancer de l'intestin a été constatée.

Ces cancers sont généralement traités par chirurgie. Or, la réalisation de cet acte a pu être empêchée par le contexte sanitaire. La radiothérapie a certainement été augmentée pour garantir la sécurité des patients jusqu'à ce qu'ils bénéficient d'une intervention chirurgicale.

Les services d'oncologie ont été capables de s'adapter rapidement

L'étude révèle aussi que les services d'oncologie au Royaume-Uni ont fait preuve d'une impressionnante capacité d'adaptation face à la crise sanitaire. En atteste le changement de pratique survenu rapidement dans le traitement du cancer du sein, raccourci en raison de la pandémie. Les oncologues évoquent notamment les données d'un test mené dans le pays. L'expérimentation montre que pour de nombreuses patientes, un traitement d'une semaine s'est avéré aussi efficace que des soins dispensés durant trois semaines. En avril 2020, 60 % des traitements du cancer du sein par radiothérapie ont ainsi vu leur durée réduite. En guise de comparaison, cette proportion ne s'élevait qu'à 0,2 % au cours du même mois en 2019.


Les traitements sont également devenus plus courts pour d'autres types de cancer. La sécurité des malades a pu être assurée dans de nombreux cas grâce à cette solution. En même temps, elle a permis aux services d'oncologie d'adapter leur fonctionnement face à la pandémie. Le Dr Katie Spencer, oncologue clinicien et principal auteur de l'étude, commente :

La radiothérapie est une option de traitement très importante pour le cancer, et notre étude montre que dans le NHS [National Health Service], il y a eu adaptation rapide dans la façon dont la radiothérapie était utilisée. […] Pour les cancers tels que le sein et l'intestin, des traitements plus courts et plus intensifs ont été administrés pour apporter des résultats similaires aux patients.