De nombreux articles sur Internet dénoncent les risques du port du masque, que ce dernier puisse potentiellement causer de l’hypoxie et de l’hypercapnie. Ces théories font suite à des interviews de médecins qui ne recommandaient pas son usage chez les asthmatiques. Les spéculations ont pris de l’ampleur, mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

Le port du masque est fortement recommandé par les professionnels de la santé et l’assurance maladie en cette période endémique, particulièrement dans les espaces clos. Mais des rumeurs circulent, faisant état de certains dangers quant à cet outil. L’une d’elles indique que l’usage de cet outil de protection pourrait causer un manque d’oxygène et une accumulation de dioxyde de carbone. Un risque que les professionnels de la santé ont tenu à démentir.

Selon eux, ces instruments sanitaires pourraient potentiellement provoquer ces dangers dans l’éventualité où ils ne filtreraient pas l’air, ce qui n’est absolument pas le cas des masques chirurgicaux et en tissu. En effet, leur fonction principale est de permettre à ses porteurs de respirer normalement.

Les masques filtrent les particules virales, mais pas l’oxygène

L’air est épuré par ces dispositifs de santé pour ne pas laisser passer les grosses molécules. Or, les particules virales ont un diamètre de 60 à 140 nanomètres quand l’oxygène et le dioxyde de carbone n’en font que 0,2. L’O2 circule ainsi librement à l’intérieur du masque et le CO2 n’a aucun mal à en sortir. Les risques d’hypoxie et d’hypercapnie causés par cet outil ne sont donc pas avérés. Toutefois, une infime quantité de gaz carbonique peut s’accumuler, sauf que cela ne se produit qu’en cas de port prolongé d’un et quand bien même, il n’y pas de danger pour la santé.


Il est aussi à rappeler que ces masques cache-bouche-nez étaient initialement destinés aux chirurgiens qui étaient susceptibles d’effectuer une opération de plusieurs heures. Cet outil est donc apte à assurer une sécurité optimale. American Lung Association, une association consacrée aux maladies respiratoires a tenu à déclarer à ce sujet :

Nous portons des masques toute la journée à l’hôpital. Les masques sont conçus pour être respirables et il n’y a aucune preuve que les niveaux d’oxygène puissent tomber trop bas.

Cependant, les masques FFP2-3 ou N95 peuvent potentiellement présenter ce risque, car ils ont une plus grande capacité de filtrage. L’organisation américaine a indiqué :

L’utilisation prolongée de masques N95 chez des patients souffrant de maladies pulmonaires préexistantes peut entraîner une certaine accumulation de dioxyde de carbone dans l’organisme.

Ce type de masque, et seulement lui est ainsi potentiellement dangereux, mais uniquement pour les personnes souffrant d’une maladie respiratoire telle que l’asthme. De plus, les éventuels dégâts causés par le port prolongé du N95 ne surviennent que très rarement et leur utilisation est strictement réservée aux professionnels de la santé.

On n’a, de ce fait, rien à craindre des masques chirurgicaux et de ceux fabriqués en tissu.

Les professionnels de la santé se mobilisent sur les réseaux sociaux

Toujours est-il que les théories complotistes évoquant ces dangers sont aujourd’hui largement répandues, ce à quoi les médecins ont tenu à répondre sur les réseaux sociaux. Parmi eux, le docteur Eric Ball, qui a posté une photo de lui sur Twitter, masque au visage et tenant un oxymètre, un outil permettant de mesurer le taux d’oxygène. L’appareil indiquait un niveau d’O2 compris entre 95 et 100 - une mesure tout à fait raisonnable. Les homologues du docteur Ball ont suivi et ont publié leurs propres photos dans la même posture.

Une autre spéculation faisait également état du fait que les masques réduiraient les aptitudes immunitaires de l’organisme, une thèse qui n’a aucun fondement scientifique. Bien au contraire, le port du masque est fortement recommandé chez les personnes souffrant d’une défaillance immunitaire.

En définitive, les masques ne présentent aucun danger malgré les nombreux écrits que l’on a pu voir sur la toile. Elles représentent même le meilleur moyen pour éviter une contagion et risquer une nouvelle vague de propagation du covid-19.