Le gouvernement et les acteurs de l’assurance santé ne semblent plus être sur la même longueur d’onde. Alors que l’exécutif est convaincu que l’année 2020 a été profitable aux organismes d’assurance maladie complémentaire (OCAM) grâce au peu de frais de santé qu’ils ont eu à rembourser, ces derniers parlent plutôt d’une augmentation significative de leur déficit. Par conséquent, un éventuel gel des tarifs dans les prochains mois est à écarter.

Vers un bras de fer entre le gouvernement et les organismes de complémentaire santé ?

Récemment, par la voix du premier ministre Jean Castex, le gouvernement avait demandé aux organismes de complémentaire santé de maintenir leurs tarifs inchangés en 2022.

Il n'y aurait donc pas besoin de recourir, le moment venu, à un comparateur mutuelle santé puisque les primes ne devraient pas progresser. Sauf que les acteurs du secteur ne semblent pas disposés à accéder à cette requête.

Et chaque partie avance ses arguments pour justifier sa position. De son côté, le gouvernement émet l'hypothèse selon laquelle, sur fond de pandémie de covid-19, les remboursements se sont faits rares au sein des OCAM. Ce qui leur a permis d'économiser jusqu'à 2,8 milliards d'euros.


Certes, ils ont dû s'acquitter de la taxe Covid qui s'est élevée à 1,3 milliard d'euros, mais l'économie constituée reste assez conséquente pour qu'un gel des tarifs ne leur soit pas vraiment préjudiciable.

Des arguments que conteste vigoureusement la mutualité française.

D'après celle-ci, le déficit des complémentaires santé ne fait que grandir d'année en année, avec une nette accélération l'année passée. Elle en a d'ailleurs déjà fait part à l'exécutif à plusieurs reprises, pointant du doigt au passage la réforme du « 100 % santé ».

Selon les chiffres communiqués, rien que pour le premier semestre 2021, les remboursements des frais dentaires ont progressé de 958 millions d'euros par rapport à la même période de 2019.

Autre augmentation conséquente, celle des remboursements des soins auditifs, à savoir un bond de 278 millions d'euros.

Une hausse inévitable

Tous ces frais supplémentaires ont engendré un déficit global de 900 millions d'euros environ pour les six premiers mois de 2021.

Une augmentation des tarifs devient alors vitale pour les organismes de complémentaires santé, en dépit de la demande du gouvernement.

Une hausse de l'ordre de +7 % à +10 % a été évoquée par la Fédération des mutuelles indépendantes (FNIM).

Reste à savoir si le gouvernement est disposé à laisser faire.