Lancée le 1er novembre dernier, la complémentaire santé solidaire (CSS) a vocation à réduire les frais de santé pour les familles les plus modestes, notamment en limitant les restes à charge. Ce nouveau dispositif est issu de la fusion entre la couverture maladie universelle complémentaire et l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS).

Une baisse de cotisations pour la majorité des bénéficiaires

En regroupant la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l’aide au paiement d’une complémentaire santé, le gouvernement vise un double objectif, à savoir étendre l’ACS et en faciliter les démarches pour les familles les plus vulnérables qui ne peuvent pas souscrire une mutuelle santé.

Aujourd’hui, 5,8 millions de personnes ont accès à la CMU-C, alors que « seulement » 1,3 million de personnes sont couvertes par l’ACS.

À terme, l’État prévoit de faire bénéficier la nouvelle complémentaire santé solidaire à 10 millions de personnes.

L’ACS est particulièrement problématique, car 50 % des bénéficiaires potentiels n’en font pas appel, notamment par méconnaissance.


Par ailleurs, le quart de ceux qui reçoivent les chèques ACS ne les perçoivent pas. La simplification de la démarche aidera ainsi les foyers les plus modestes à profiter des soins, comme les prothèses auditives, les fauteuils roulants ou encore les soins dentaires en tiers payant. Ils n’auront donc pas à payer la totalité des frais avant remboursement.

Quelques bénéficiaires seront moins avantagés

Pour accéder à la CSS, il faut justifier d’un revenu :

  • de 1 007 euros par mois pour un célibataire ; 
  • de 1 510 euros mensuels pour un couple ; 
  • de 1 812 euros pour les parents avec un enfant.

La réforme sera avantageuse pour la majorité des bénéficiaires qui devront s’acquitter d’une cotisation mensuelle moins importante.

Par contre, pour des profils comme les jeunes de 16 à 29 ans et les quarantenaires célibataires, leur cotisation connaîtra une hausse pouvant représenter jusqu’à 94 euros supplémentaires par an.

Généralement, ce sont les précédents affiliés à l’ACS qui sont lésés, mais en contrepartie, ils accèdent à une plus large palette de soins et d’interventions.

Selon les estimations, les économies réalisées se chiffreront à 300 euros pour un dispositif optique complexe et jusqu’à 2 000 euros pour une prothèse auditive.