Les complémentaires santé étudiants tentent de s’adapter face à la réforme du système

L’univers des acteurs régionaux spécialisés dans les complémentaires santé pour étudiants connaîtra bientôt un énorme bouleversement face à la réforme concernant ce domaine. D’ici la prochaine rentrée, ces derniers devront en effet se priver de la gestion de l’assurance obligatoire de leurs adhérents.

Soit, une situation quelque peu désavantageuse pour ces opérateurs puisqu’ils auront perdu leur principale ressource de revenus. C’est pourquoi certains d’entre eux ont pris les devants en adoptant de nouvelles stratégies pour y faire face dès à présent. Dans ce sens, La Smerep et la MEP se veulent être des pionniers en unissant leur force pour donner naissance à Heyme, une nouvelle plateforme dédiée aux jeunes.


Un début, non la fin

Rappelons-le, une réforme veut que les mutuelles régionales se désengagent de leur responsabilité concernant l’assurance obligatoire destinée aux étudiants pour en laisser la gestion entre les mains de la Caisse nationale d’assurance-maladie des travailleurs salariés.

Bien que ce dispositif soit actuellement à la dernière phase de sa concrétisation, une chose est certaine, il prendra effet dès la prochaine rentrée universitaire. Ce qui ramène certains observateurs à penser que c’est la fin pour les acteurs spécialisés dans ce domaine puisque l’entrée en vigueur de ce nouveau concept met un terme à leur activité principale. Et par conséquent, une perte considérable au niveau de leurs ressources financières.

Mais il n’en est rien puisque certains d’entre eux, à l’instar de Smerep et de MEP ont d’ores et déjà pris des dispositions pour y faire face. Marquant le début d’une nouvelle ère, ces opérateurs de l’Île-de-France et du Sud-Est ont d’ailleurs fusionné pour n’en faire qu’un afin de proposer des services adaptés aux risques spécifiques à cette catégorie de la population.

Ces enseignes sont en effet conscientes de l’importance du fait de servir une couverture adéquate sachant que parmi les pays de l’OCDE, la France enregistre un taux particulièrement élevé de tabagisme et d’alcoolisation massive notamment auprès des jeunes de moins de 25 ans.


Ces derniers en ont d’autant plus besoin puisqu’un tiers d’entre eux préfèrent renoncer aux soins pour des raisons financières si d’autres s’en abstiennent tout simplement parce que consulter un médecin est trop compliqué.

Une plateforme unique pour relever le défi

Le futur changement concernant le secteur des mutuelles étudiantes est certainement un défi à relever pour les différents opérateurs évoluant dans ce domaine. C’est ce qui a conduit la Smerep et la MEP à unir leur force pour donner naissance à Heyme. Une plateforme mutualiste qui leur permettrait d’y faire face à travers des services adaptés à ce type de clientèle. À titre d’exemple :

  • La prise en charge à 100% des téléconsultations ;
  • La couverture au premier euro des soins en cas d’expatriation ;
  • Des tarifs préférentiels pour une application mobile de gestion de budget.

Pour y parvenir, ces opérateurs prévoient d’ailleurs de multiplier les partenariats afin de développer au mieux les offres et ont mis sur pied une agence de courtage qui a pris en charge les ventes et le marketing depuis mai dernier.

De plus, ils comptent minimiser les dépenses d’investigation en recrutant essentiellement en ligne via Heyme. Après tout, c’est la meilleure solution puisque les descentes sur terrain dans les campus pour prospecter de nouveaux clients sont désormais peu efficientes du fait que la majorité des bacheliers bénéficient de la couverture de Sécurité sociale de leurs parents.


Quoi qu’il en soit, cette nouvelle enseigne s’est fixé un objectif ambitieux si l’on croit ses cofondateurs, Benjamin Biale et Hadrien Le Roux qui se sont exprimés en ces termes :

Nous voulons devenir le leader du marché jeune en France et en outre-mer, avec plus de 110 000 adhérents fin 2021.

En attendant, Heyme compte actuellement 77 000 clients actifs. Soit l’ensemble de la clientèle enregistrée auprès de Smerep et de MEP qui affichent respectivement 45 000 et 32 000 à leur effectif.