Un rapport conjoint publié par l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore) et l’Assurance maladie révèle que, pour diverses raisons, de nombreux Français ont renoncé à se faire soigner entre mi-mars et mi-mai 2020. Une période qui coïncide avec le premier confinement et qui, d’après toujours le document, a contribué à creuser les inégalités en matière d’accès aux soins.

Avec la crise, de plus en plus de Français éprouvent des difficultés à se faire soigner

Six individus sur dix ont renoncé à au moins un soin ou un acte médical lors du premier confinement. Il s'agissait pourtant d'interventions indispensables. Cette proportion dépasse largement le double du niveau habituel. En effet, avant la crise sanitaire, il n'y avait en moyenne qu'un répondant sur quatre qui déclarait avoir renoncé ou reporté une intervention, dont ils avaient besoin au cours des 12 derniers mois.

Dans les détails, en matière de besoin de soins, le plus gros des renoncements concerne les consultations chez le médecin généraliste (39 %), suivi des consultations chez les spécialistes (25 %) et chez le dentiste (23 %). Les reports et renonciations des actes de biologie et/ou d'imagerie sont de l'ordre de 15 %.


En ce qui concerne les actes de spécialistes, celles en gynécologie et en ophtalmologie enregistrent les plus forts taux de renoncements et de reports, respectivement de 18 % et de 17 %. Viennent ensuite les soins en dermatologie et en cardiologie, atteignant tous deux les 11 %, et la gastroentérologie (10 %). Les reports et renoncements de consultations en psychiatrie s'élèvent à 7 %.

Moins de dépenses de soins

Selon les explications, cette forte augmentation des renoncements est liée à la fermeture des cabinets et structures de soins, rendant ainsi matériellement impossible de réaliser les actes nécessaires.

La difficulté des prises de rendez-vous et l'impossibilité de recourir à la téléconsultation ont également contribué à ce phénomène, sans compter la peur de contracter le coronavirus.

Enfin, plusieurs patients ont manifesté une volonté d'alléger la tâche de travail des professionnels de santé.

Un autre baromètre de l'Assurance maladie rapporte par ailleurs une baisse des dépenses de soins de ville entre la mi-mars et mi-mai 2020. Ce repli atteint -80 % à -90 % pour les soins ophtalmologiques et dentaires.

Pour leur part, les spécialistes et les généralistes enregistrent respectivement des reculs de -60 % et de -30 %. De même, la consommation de médicaments a chuté durant cette période.