Le marché des compléments alimentaires connait, depuis quelque temps, un fort potentiel. Cela, du fait d’une aspiration croissante des consommateurs à cultiver le bien-être et, de ce fait, à trouver un meilleur équilibre alimentaire. Il faut toutefois savoir que certains composants peuvent être néfastes pour l’organisme, notamment la berbérine qui est à éviter dans plusieurs cas.

En France, le succès est inévitable pour les compléments alimentaires dont les ventes enregistrent une nette croissance au cours des cinq dernières années. Le fait est que la prise de ces produits permet de contrer bon nombre de troubles. Ils améliorent notamment le sommeil, diminuent le stress, renforcent le tonus et soulagent même certaines douleurs.

Pour autant, les doses administrées ne doivent pas dépasser certaines limites à moins de courir le risque de subir des effets pharmacologiques. Ceux qui contiennent de la berbérine sont même à exclure chez les enfants et les adolescents, chez les femmes enceintes ou allaitantes ainsi que chez les personnes souffrant de troubles de santé avérés.


La berbérine apporte d’innombrables bienfaits

La berbérine provient de plusieurs plantes, dont l’épine-vinette, le coptis chinois et l’hydraste du Canada. Elle a servi, dans la médecine traditionnelle, à traiter bon nombre de maladies, notamment les infections gastro-intestinales et le diabète de type 2, outre ses vertus de neuroprotectrice.

Plusieurs recherches ont, en effet, été menées en vue de prouver l’efficacité de cet alcaloïde isoquinoléique sur la régularisation du taux de glycémie. En 2008, par exemple, la revue Metabolism a révélé la même performance de la berbérine chez des patients diabétiques que la metformine, un médicament qui leur est généralement prescrit. À noter que le traitement a duré trois mois, pour une dose quotidienne de 1 500 mg départagée en trois prises.

Quatre ans après, des chercheurs de l’université de Wuhan, en Chine, ont mené une méta-analyse sur 1 068 patients. Les résultats se sont confirmés pour le traitement de l’hyperglycémie. Mais en plus, il s’est avéré que la berbérine agit aussi sur les troubles des lipides sanguins, tels que la cholestérolémie. Une pathologie qui touche de plus en plus de personnes, mais dont le traitement peut être pris en charge grâce à la souscription d’une complémentaire santé.

Certains profils doivent toutefois faire attention avant d’en consommer

Actuellement, la berbérine est commercialisée comme étant un complément alimentaire quoique des questionnements commencent à se poser, notamment en ce qui concerne ses effets secondaires. Et pas plus tard que le 25 novembre, L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), sollicitée par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), a tiré les sonnettes d’alarme. D’après l’entité :

« Le produit peut entraîner des risques de troubles gastro-intestinaux, d'hypoglycémie et d'hypotension […] compte tenu des données toxicologiques disponibles et des concentrations observées dans les compléments recensés, la sécurité d'emploi de ces compléments alimentaires ne peut être à ce jour garantie ».

Ainsi, l’utilisation de plantes à base de ce composant, dans les compléments alimentaires, peut provoquer un risque santé chez les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et celles qui allaitent, les individus souffrant de troubles cardiaques ou hépatiques ainsi que les diabétiques. Sans oublier ses interactions avec plusieurs médicaments, qui compromettent forcément leur efficacité.

Dans la même foulée, ses effets pharmacologiques sont également à prendre en compte chez l’adulte, au-delà de 400 mg/jour. D’après l’agence, en agissant comme un médicament, la berbérine impacte :

  • Le système cardiovasculaire, notamment au niveau du rythme cardiaque et de la pression artérielle ; 
  • Le système immunitaire, notamment en tant d’immunosuppresseur et anti-inflammatoire ; 
  • Le système nerveux, grâce à ses effets antidépresseurs, anticonvulsivants et analgésiques ; 
  • Le métabolisme, grâce à ses effets hypoglycémiants et hypolipémiants.