Comme les immunodéprimés, les personnes atteintes de pathologies rénales font partie de la population à risque face au Covid-19. Toutefois, des médecins ont récemment noté que l’infection virale peut aussi provoquer des troubles rénaux chez des sujets sains auparavant. En pleine pandémie, les spécialistes tiennent à attirer l’attention sur ce phénomène méconnu.

La télémédecine est désormais une pratique reconnue des praticiens et des organismes de mutuelle santé. Cependant, ce système est encore réservé à des cas particuliers jusqu’à présent. La crise du Covid-19 oblige néanmoins à envisager sérieusement la généralisation de cette méthode sur le long terme. Les professionnels de santé sont ainsi invités à revoir leur manière de pratiquer la médecine.

Privilégiées en téléconsultation, les personnes immunodéprimées sont particulièrement exposées au coronavirus en raison de la faiblesse de leurs défenses naturelles. Ce problème concerne également les patients suivant un traitement immunosuppresseur après une greffe de rein. En parallèle, les néphrologues sont inquiets des effets de la maladie virale sur les reins.

Réorganisation des services de néphrologie

Selon les médecins, les patients en état d’immunodépression risquent davantage d’être atteints d’une forme plus grave de Covid-19 par rapport au reste de la population. Ainsi, la plupart des services de néphrologie ont renvoyé toutes les personnes pouvant rentrer chez elles ou basculer en ambulatoire. Seuls les cas requérant une hospitalisation ont eu la possibilité de rester. Des précautions particulières ont toutefois été prises pour ces patients.


Par ailleurs, plusieurs études récentes révèlent que les individus qui viennent d’être greffés du rein sont tout aussi fragiles en raison de leur traitement à base d’immunosuppresseurs. Ils doivent prendre ce type de médicament pour réduire les risques de rejet.

Bien qu’elle soit nécessaire, cette démarche postopératoire peut mettre la vie du patient en danger dans le contexte actuel. Certains établissements hospitaliers ont donc décidé de suspendre les greffes de rein jusqu’à la fin de la pandémie.

Enfin, la téléconsultation est souvent priorisée par les néphrologues, sauf pour les cas d’urgence nécessitant la présence physique du patient. Pourtant, cette nouvelle technique était auparavant limitée aux situations exceptionnelles et contraignantes comme le suivi médical des patients incarcérés. Ainsi, la pandémie de coronavirus permet, dans une certaine mesure, de promouvoir la pratique la médecine à distance.

Contexte dangereux pour les personnes atteintes de maladies rénales

L’insuffisance rénale fait souvent partie des différents effets secondaires d’une maladie sous-jacente comme l’hypertension, les troubles cardiovasculaires ou le diabète. Or, les cas de comorbidités sont particulièrement vulnérables au Covid-19. De ce fait, les patients des services de néphrologie sont généralement des sujets à risque.

D’autre part, des défaillances du système immunitaire peuvent survenir chez les patients atteints d’une maladie de rein grave ou d’une insuffisance rénale importante due à une autre pathologie. Ils se retrouvent en tout cas dans la même situation que les nouveaux sujets greffés et les immunodéprimés en général.


Pourtant, les pathologies rénales ne permettent pas de pratiquer la distanciation sociale, ne serait-ce que pour les dialyses. Ce traitement doit être réalisé trois fois par semaine. Il s’effectue souvent à l’hôpital, dans une salle commune comprenant des lits assez proches.

Enfin, le coronavirus semble affecter les reins, comme le remarque le Dr Brad Rovin, directeur du département de néphrologie de l’université de l’Ohio. Cette assertion est corroborée par de nombreuses études, dont une publication chinoise, observant le développement de maladies rénales chez des patients atteints de Covid-19. Pourtant, ils n’étaient pas sujets à cette pathologie auparavant.