Coronavirus et confinement ont eu des effets néfastes sur la santé mentale d’un nombre croissant de Français. C’est ce qui ressort des résultats de l’enquête réalisée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (STATEC) mettant en exergue la montée en force de la détresse psychologique depuis que la présence de ce virus a été détectée dans l’Hexagone.

Pour une mutuelle santé, l'heure est peut-être venue de voir s'envoler la souscription à une couverture prenant en charge les frais de soins liés à des problèmes psychologiques. Tout simplement parce qu'un phénomène particulier se fait remarquer en France depuis l'entrée en scène du coronavirus et le début du confinement, le nombre croissant d'individus faisant face à un problème de santé mentale.

C'est du moins, ce qu'a fait valoir la STATEC à travers la publication des résultats de ses études sur le sujet. Ceux démontrant des chiffres quelque peu inquiétants si l'on tient compte du fait qu'un Français sur trois est désormais concerné.

Un nombre croissant de Français fait face au problème de santé mentale

À la date du 15 avril 2020, une plateforme téléphonique baptisée CovidEcoute a été lancée par la Fondation FondaMental se fixant comme objectif de soutenir psychologiquement les Français forcés de rester cloîtrés chez eux depuis le début du confinement. L'occasion qui lui a permis de découvrir que cette mesure barrière associée à l'épidémie n'a pas manqué d'engendrer des conséquences négatives sur la santé mentale de la population pour permettre à Marion Leboyer, directrice de la Fondation de dire que :

Nous avons constaté que la grande majorité des appelants étaient des primo consultants, des personnes qui n'avaient jamais été en contact avec la psychiatrie avant.

C'est d'ailleurs l'une des raisons incitant FondaMental à tirer la sonnette d'alarme en mi-juin dernier en précisant que :

La fondation a reçu beaucoup d'appels de personnes en détresse psychologique, pourtant sans antécédent psychiatrique.

Un appel entendu par la STATEC qui s'est donné pour mission de mener un sondage sur le sujet. Une décision lui permettant d'ailleurs d'affirmer que cette situation concerne désormais une personne sur trois. Dans les détails, l'Institut a précisé que la majorité (37%) des cas touche une catégorie d'âge entre 18 à 44 ans pour ne laisser que 22% pour les plus de 65 ans en précisant que les femmes sont plus concernées que les hommes. À la directrice de FondaMental d'ajouter :

Nous avons également remarqué que les femmes et les personnes en situation de précarité étaient plus touchées.

Un phénomène porté par différents facteurs

En publiant son rapport, la STATEC a aussi mis en exergue les éléments à la source de ce phénomène particulier en soulignant que :

Quand certaines personnes ont pu profiter de leurs enfants et renouer avec les membres de leur foyer, d'autres ont été débordées et stressées. Le confinement a été vécu et ressenti de façon très différente par chacun d'entre nous.

Et d'ajouter :

Néanmoins, les facteurs les plus importants associés au déclin de la santé mentale sont la santé physique, le revenu et les caractéristiques de l'emploi.

Dans ce sens, l'Institut a pointé du doigt le rôle joué par les changements des conditions de travail durant la période de confinement en se manifestant essentiellement à travers le télétravail pour 50% des salariés et l'alternance entre le travail à domicile et la présence en entreprise pour 21% d'entre eux si d'autres étaient au chômage partiel (6,4%) ou ont perdu leur emploi (2,7%).


Soit, autant de raisons suscitant l'inquiétude auprès de 27% des répondants concernant leur avenir professionnel et un motif suffisant pour engendrer une détérioration de la santé mentale pour 13% d'entre eux en notant que ceux travaillant à domicile sont moins concernés (9%).

En outre, la STATEC a aussi mentionné les effets de la baisse des revenus pouvant être à la source de ce problème psychologique en précisant que durant le confinement, 16% de la population y étaient confrontés avec pour principales causes :

• La perte d'emploi (21%) ;
• La diminution des heures de travail (24%) ;
• La baisse des salaires et/ou des bénéfices des entreprises (21%).