Le 8 mai dernier, Madagascar a reçu de l’OMS sa première cargaison de vaccins d’AstraZeneca. Deux jours plus tard, la campagne a débuté. Le ministre de la Santé a été le premier à se faire injecter le sérum. C’est surtout pour montrer l’exemple à ses concitoyens. Il devrait faire le rappel d’ici juillet ou août.

Sur la Grande île, la crise sanitaire demeure d'une grande ampleur. Le 9 mai, le taux de positivité à la Covid a été estimé à 20 %. Dans les détails, 150 nouveaux cas confirmés ont été recensés en 24 heures sur 754 tests effectués. 150 patients de plus ont été hospitalisés et 7 ont succombé au virus.

Les chiffres officiels mentionnent 2 172 cas encore actifs, 309 malades qui ont développé une forme grave et 729 personnes décédées. Ce qui laisse transparaître une seconde vague plus virulente que la première.

Dans ce contexte, le pays a reçu une première livraison de 250 000 doses d'AstraZeneca la veille.


Plus de deux cents centres déployés

La campagne a commencé le 10 mai dernier. Afin de donner l'exemple, le Pr Jean-Louis Rakotovao-Hanitrala, ministre de la Santé, a été le premier à se faire immuniser. À travers cet acte, le chirurgien thoracique compte alléger les doutes des citoyens à l'égard du vaccin britannique. La population est en effet au courant de la décision de l'Afrique du Sud, du Danemark, etc. d'arrêter l'administration du médicament. Par ailleurs, la vaccination du responsable politique avait également pour objectif d'inciter ses compatriotes à faire de même.

Lundi 10 mai, ils étaient plus de 21 000 à formuler cette volonté. Environ 210 centres ont été mis en place à travers l'Île rouge. Parmi eux figure entre autres celui de l'ambassade de France, situé dans la capitale. Les Français souhaitant participer à la campagne pourront se renseigner sur les différentes modalités y afférentes. Il s'agit notamment du remboursement par la Sécurité sociale ou les mutuelles santés ou encore la prise de rendez-vous…

La priorité à quelques catégories de personnes

Pour cette première opération, la priorité a été donnée aux publics vulnérables. De même, aux individus sujets au diabète et aux agents de santé. Parmi ces derniers, un infirmier qui a déjà reçu sa première dose de vaccin indique à un quotidien local :

J'attends du vaccin la garantie d'une immunité à la Covid-19. Une immunité qui pourra me permettre de reprendre une vie normale et de ne plus présenter de forme grave si jamais pour quelconque raison je contracte le virus […].

Mais le plus important, il espère que cela lui permettra de diminuer les risques de contamination pour ses patients. Quarante diabétiques ont également fait l'objet d'une première injection. Après cela, chaque sujet est soumis à une observation d'un quart à une demi-heure, soulignent les professionnels de santé. Ils ajoutent :

Un enregistrement électronique des données vitales est mis en place chez les patients hospitalisés. Cette surveillance pointue durera 30 jours.

Après trois ou deux mois, les individus vaccinés pourront recevoir la seconde dose d'AstraZeneca.