Dans une étude récente, la Cour des comptes s’est penchée sur le système de complémentaire santé. L’initiative permettant à l’organisme de découvrir que par rapport à ses voisins européens, la France excelle dans ce domaine. Une belle prouesse que le pays se doit cependant d’améliorer selon cette institution mettant en exergue les différentes lacunes qui méritent une attention particulière.

Dans le cadre de ses études, la Cour des comptes a procédé à un comparatif mutuelle santé en se fixant pour objectif d'en dresser un état des lieux et ainsi permettre à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale de disposer des informations nécessaires permettant d'examiner de près le sujet.

En publiant son rapport, l'organisme a ainsi salué les efforts fournis pour permettre à la grande majorité de la population de bénéficier des avantages du système et ainsi élever la France dans la liste des pays de l'OCDE à afficher de bons résultats dans ce domaine.

Une performance lestée par des inégalités entre les bénéficiaires et des coûts relativement élevés selon l'institution.


La performance est au rendez-vous, mais...

D'après la Cour des comptes, la France peut se targuer d'enregistrer le plus haut niveau de prise en charge des frais de santé parmi les pays de l'OCDE en affichant le taux de reste à charge le plus faible avec une moyenne estimée à 6,9% de la consommation de soins et de biens médicaux en 2019. En baisse de près de trois points par rapport en 2001 selon l'organisme découvrant ainsi une nette amélioration lui permettant de dire que :

Le système français de prise en charge des frais de santé permet d'assurer à l'ensemble de la population une protection très étendue et d'un niveau élevé, avec un reste à charge des ménages, après intervention de l'assurance maladie complémentaire et de la CSS.

Dans les détails, les auteurs de cette étude ont fait savoir que 96% des Français peuvent bénéficier des avantages du régime actuel incluant l'assurance maladie obligatoire, les assurances privées complémentaires et complémentaires santé solidaires (CSS). Ce, en précisant que des efforts ont été fournis pour améliorer le système en pensant principalement :

• À l'enveloppe de 10 milliards d'euros consacrée aux complémentaires santé pour composer les dépenses liées aux différents mécanismes qui en sont rattachés ; • Aux différents dispositifs d'exonération des frais de santé (tickets modérateurs en ville et à l'hôpital, forfait journalier hospitalier…).

... Le système peut faire mieux

D'après ces données de la Cour des comptes, la France n'a pas à rougir face à ses voisins européens pour ce qui est de la prise en charge des dépenses de santé de sa population. Toutefois, l'institution ne s'est pas retenue pour dire que :

Malgré ces très bons résultats, cette organisation de la protection sociale fait face à des coûts de gestion élevés et s'avère source d'inégalités de couverture, y compris au détriment des publics les plus fragiles.

Dans ce sens, elle a fait savoir que l'avantage est pour l'heure aux salariés du privé et de la catégorie des actifs contrairement aux retraités et chômeurs en précisant que :

Ces derniers, et plus particulièrement les personnes âgées, font face à des coûts parfois très conséquents, résultant d'une tarification majoritairement liée à l'âge. Leur contribution financière est particulièrement élevée à proportion de leurs revenus et ils sont plus exposés que les autres classes d'âge aux restes à charge élevés.

Et d'ajouter que, malgré les efforts, le recours au dispositif CSS demeure relativement bas avec un taux de recours variant entre 50% et 62% pour ainsi dire que c'est loin du compte par rapport au taux global (96%) de Français couverts par une complémentaire santé.