Près de trois mois après l’apparition du nouveau coronavirus, la Chine commence à apercevoir la lueur de l’aube. Une situation que les Européens sont encore loin de ressentir, étant même aujourd’hui l’épicentre de l’épidémie. Force est d’ailleurs de constater que le virus semble y être beaucoup plus virulent que dans son pays d’origine.

Avec plus de 300 000 personnes contaminées et 13 000 décès dans le monde depuis sa première apparition, le Covid-19 est sans conteste à l'origine de l'une des plus graves crises sanitaires dans l'histoire de l'humanité. De fait, plusieurs pays sont actuellement à genoux face à une pandémie d'une offensive sans précédente.

Et le contexte actuel laisse à dire que sa force de frappe est de plus en plus conséquente. Comme ce qui se passe en Italie où la maladie se répand à une vitesse vertigineuse, avec un taux d'aggravation bien plus élevé qu'en Chine qui prend la forme d'une détresse respiratoire aigüe. À savoir, les plus concernés sont les seniors ainsi que les personnes de troisième âge, dont l'immunité est évidemment plus affaiblie.

Une statistique discordante par rapport à celle de la Chine

Les Français devraient se sentir soulagés de jouir d'une assurance maladie à la charge de l'État en cette période sombre de l'humanité. Ce qui ne les empêche pas de s'inquiéter de leur sort, d'autant que le Coronavirus semble augmenter en force à mesure qu'il se répand vers l'Occident. Il convient, en effet, d'admettre que sa vitesse de propagation est largement plus élevée par rapport aux chiffres annoncés par la Chine.


Il faut savoir que ce nouveau Coronavirus, dénommé SRAS-Cov-2 en raison de ses symptômes s'apparentant à l'ancien SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) se propage principalement via la respiration, notamment les gouttelettes de salive.

Le contact étroit avec une personne contaminée même asymptotique pourrait également conduire à une contamination. Et dernièrement, l'on a évoqué une contagion de la maladie à travers des objets du quotidien exposés aux personnes infectées.

C'est bien le cas des effets personnels des malades, notamment leur lit, leur table et chaises, leurs couverts, ainsi que ceux qu'ils ont éventuellement touchés (évier, toilette, fenêtres, interrupteurs, poignées de porte…).

Même les objets se trouvant en dehors de leur demeure pourraient être également contaminés. Ce qui a posé un problème notoire aux sociétés occidentales qui ont été toujours très ouvertes, rendant le Covid-19 plus contagieux qu'il ne l'a été anticipé.

Les personnes âgées, les plus grandes victimes

Aux dernières nouvelles, la France est en total confinement. L'Italie, quant à elle, a enregistré son record de décès le 21 mars dernier en atteignant jusqu'à 793 morts en seulement 24h. Ce qui propulse son bilan de morbidité à 4 825. Un bien triste sort qui concernerait davantage les personnes âgées. À préciser que les Italiens décédés étaient âgés en moyenne de 81 ans. Dans les détails :

  • 42,2% étaient des octogénaires ;
  • 32,4% de septuagénaires ;
  • 8,4% des sexagénaires ;
  • 2,8 % des quinquagénaires ;
  • 14,1% des nonagénaires.

Plus de deux tiers des victimes développaient des maladies chroniques avant d'avoir été atteintes par le virus, à savoir des maladies cardiovasculaires, du cancer, du diabète. Certaines d'entre elles ont été, d'ailleurs, d'anciennes fumeuses. Quoi qu'il en soit, la contamination du Coronavirus s'accompagnait, dans la plupart des cas, de pneumonies sévères avec une apparition de SDRA (syndrome de détresse respiratoire aigüe) vers le 7ème jour, nécessitant une assistance respiratoire.


C'est ce qui expliquerait la croissance inouïe du nombre d'admissions en Unité de Soins Intensifs entre le 1er et le 14ème jour de l'épidémie en Lombardie, annoncée dans un article du JAMA.

Un phénomène qui se chiffrait à 16% des individus testés positifs dans ce pays transalpin, soit trois fois plus élevé que celui observé en Chine. Sauf que dans ce cas présent, l'on convient d'admettre que tous les malades n'ont pu être identifiés à cause de la diffusion rapide du virus.

Il faut également tenir compte de l'âge avancé des patients en Italie. Car si la majorité des jeunes contaminés s'en sort plus favorablement après avoir suivi des soins intensifs, les plus vieux, tout comme les patients souffrant de maladies chroniques sous-jacentes, s'en sortent plus difficilement. Le JAMA Internal Medicine explique d'ailleurs, à travers une récente étude, que l'apparition du SDRA dépend de la capacité immunitaire des malades.

Une insuffisance immunitaire adoptive conduirait à une production intense de cytokines, des protéines à l'origine de cellules immunitaires. Ceux-ci mêmes activeraient bon nombre de complication qui mèneraient, plus probablement, au décès, dont :

  • La détresse respiratoire aigüe ;
  • La défaillance des organes cibles ;
  • La coagulation intravasculaire disséminée.