En marge de nouvelles recommandations, la HAS (Haute Autorité de Santé) a donné son feu vert pour les prélèvements salivaires, mais sous conditions… Une nouvelle qui devrait ravir le public, globalement réticent à l’idée de passer un test PCR nasopharyngé jugé trop invasif.

Une décision enfin adoptée après tâtonnement et hésitation

Avant de se prononcer sur la fiabilité de cette nouvelle technique de dépistage le jeudi 11 février dernier, la HAS a misé sur la prudence. De nombreux produits et protocoles ont été évalués avant d'aboutir à des recommandations définitives. Selon l'agence,

La fiabilité des prélèvements salivaires en RT-PCR est tributaire de tous les éléments nécessaires à leur mise en œuvre : kits de prélèvement, procédures de prétraitement, etc.

Autre critère important pris en compte : la capacité des intervenants sur le terrain à contenir le déploiement massif de cette méthode et la fiabilité des prélèvements pour identifier et rompre de façon efficace les mécanismes de transmission.


Une méthode pratique pour les tests de masse…

Fini donc l'écouvillon introduit au fond du nez indissociable d'un examen nasopharyngé, souvent source d'inconfort, voire de douleur ou de saignement chez certains sujets. En validant les tests salivaires, la HAS rend les prélèvements plus faciles et « agréables », puisqu'ils se feront directement dans la bouche. Pour les enfants en bas âge et qui ont du mal à expectorer, il est possible d'effectuer une prise à l'aide d'une pipette.

L'approche est notamment pratique en marge d'un test ciblé à grande échelle, par exemple en Ehpad ou dans les établissements scolaires.

D'ailleurs, les préconisations de la Haute Autorité de Santé sont orientées dans ce sens. Reste maintenant la question de la prise en charge de ce nouveau process par la mutuelle santé

… mais qui présente des limites

En comparaison avec les examens PCR classiques – par prélèvement nasopharyngé – fiables à 98 %, les tests salivaires présentent une efficacité de 85 %, soit une baisse de sensibilité de l'ordre de 2 % à 11 %.

Un écart important, mais qui reste suffisant si l'on prend en compte la facilité de mise en œuvre des prélèvements et l'effet volume qui en résulte,

Estime la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec. En effet, les examens salivaires vont permettre de toucher un nombre plus important d'individus « contact » tout en offrant la possibilité de renouveler à intervalles réguliers l'exercice sur le long terme.