S’appuyer sur les conditions météorologiques pour prévenir et ralentir la propagation du Covid-19. C’est l’idée que met en avant une étude réalisée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), un organisme rattaché à l’ONU. Les premières observations suggèrent en effet une influence de ces facteurs sur le développement du SARS-CoV-2. Il ne s’agit néanmoins que d’une étude préliminaire.

Une équipe au sein de l'OMM a récemment mené une étude afin de comprendre les liens entre les conditions météorologiques ou la qualité de l'air et la propagation du Covid-19. Les premières études réalisées ont en effet montré un potentiel impact de ces facteurs sur le développement du virus SARS-CoV-2 qui en est responsable.

Faudrait-il donc se préparer à une maladie saisonnière comme la grippe ou le rhume ? Comme ces derniers, le Covid-19 bénéficie déjà aujourd'hui d'une prise en charge par les mutuelles santé. Les connaissances qu'on a actuellement ne permettent cependant pas de confirmer une relation étroite entre la transmission de cette maladie et les facteurs environnementaux.


Des facteurs à ne pas négliger

La propagation du Covid-19 serait-elle liée aux conditions météorologiques ? L'équipe de l'OMM a tenté de répondre à cette question. En effet, un rapport établi en 2009 par l'Institut de veille sanitaire indique que le froid favorise la circulation des affections saisonnières. Cela concerne les maladies telles que la grippe, le rhume ou la gastro qui surviennent généralement en période hivernale.

Exceptionnellement cette année, une baisse des contaminations a été observée. Elle s'expliquerait par l'application des gestes barrières visant à lutter contre le coronavirus. La population pourra néanmoins y faire face au prochain hiver s'il y a allègement des mesures sanitaires. En serait-il autant pour le Covid-19 ?

Le rapport de l'Institut met également l'accent sur l'influence des changements comportementaux dans la transmission des maladies saisonnières. En effet, l'hiver serait aussi une période pendant laquelle les individus modifient leur alimentation et s'exposent moins au soleil. La plupart s'enfermeraient également dans des endroits clos et peu aérés.

Sur ce dernier point, les experts ont relevé une similitude avec le Covid-19. Les lieux fermés et peu ventilés seraient propices à sa circulation. Quant aux conditions météorologiques ou à la qualité de l'air, l'OMM estime que les analyses réalisées ne sont pas suffisantes pour confirmer un lien.


Des mesures à maintenir même en période de forte chaleur

Une étude portant sur des données préliminaires a démontré que la mauvaise qualité de l'air peut entrainer une hausse du taux de mortalité due au Covid-19. Les observations menées en laboratoire ont également permis de comprendre que la durée de vie du SARS-CoV-2 augmente avec le froid.

Il survivrait également plus longtemps dans un environnement sec et face à un rayonnement ultraviolet de faible intensité. Ces rapports seraient toutefois difficiles à confirmer en conditions réelles. Pour pouvoir s'appuyer sur ces facteurs environnementaux, des études approfondies seraient nécessaires.

L'équipe composée de seize scientifiques rappelle par ailleurs que le virus a déjà montré qu'il reste présent pendant les périodes et dans les régions où règne la chaleur. Pour Ben Zaitchik, membre du Département des sciences de la Terre et des planètes de l'Université John Hopkins à Baltimore, ce sont donc les mesures prises par chaque gouvernement qui ont permis de contenir l'épidémie. Ce dernier, qui a coprésidé cette étude, soutient que rien ne justifie un assouplissement des règles sanitaires en saison chaude.