Le contexte pandémique est toujours d’actualité, près de trois ans après la propagation mondiale du covid-19. Outre les effets de la maladie sur la santé physique, ses conséquences sur la santé mentale sont également notables, y compris chez les jeunes de moins de 18 ans. Ces derniers sont en effet de plus en plus nombreux à souffrir de stress, de troubles anxieux, de troubles alimentaires, de pensées suicidaires, etc.

Le nombre des 11-17 ans souffrant d'anxiété en hausse

Le rapport de Santé publique France qui a analysé les passages aux urgences répertoriés par le réseau Oscour alerte sur la gravité de la situation.

Sur les 680 services d'urgences du réseau passés au crible, la proportion de jeunes patients (notamment les 11-17 ans) ayant des comportements suicidaires a augmenté de +16 % comparé au mois précédent et de +23 % pour ceux souffrant d'anxiété .

Selon le rapport, le nombre de passages aux urgences pour des cas liés au suicide en 2022 a surpassé celui de l'an dernier où déjà les indicateurs étaient élevés par rapport aux années antérieures.

Par ailleurs, les demandes de consultation chez les psychologues auprès du site de prise de rendez-vous en ligne Doctolib ont explosé en 2021 (+102 %) . Plus d'un cinquième d'entre elles concernent des jeunes de moins de 18 ans.

Un manque criant d'offre de soins

Le Dr Hervé Caci, pédopsychiatre au CHU Lenval de Nice, explique cette recrudescence par

L'insuffisance de la prise en charge des blessures psychiques ainsi que la dégradation de l'accès aux soins .

Il soulève également la question du déclin de la démographie des professionnels de la santé dans le domaine de la pédopsychiatrie et de la faiblesse des capacités d'hospitalisation dans cette discipline.

Remplaçant le « forfait 100 % Psy Enfant Ado », le dispositif « Mon psy » en vigueur depuis juin dernier n'apporte pas réellement une réponse à la souffrance psychique des enfants et adolescents.

Les difficultés d'accès aux soins persistent puisqu'il est toujours nécessaire de consulter le médecin traitant. D'autant plus que la mutuelle santé ne rembourse que huit séances chez les pédopsychiatres agréés, dont le nombre est restreint .

À l'approche de la journée internationale des droits de l'enfant le 20 novembre prochain, la Défenseure des droits, Claire Hédon, et le Défenseur des enfants, Éric Delemar, exhortent le gouvernement à multiplier les offres de soins pour favoriser l'égalité dans l'accès aux prestations médicales .

La priorité est de mettre en place un plan d'action concret et durable qui remédiera à la souffrance psychique grandissante des enfants et des jeunes.