Le vieillissement de la population implique une hausse des cas d’affections de longue durée et de dépendance physique. Ce qui, de fil en aiguille, augmente inévitablement les dépenses en matière de soins. C’est ce dont subissent actuellement les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) françaises. Celle de la Bretagne, notamment, a atteint un record historique l’année dernière.

L’approche de la fin d’année rime toujours avec les nouveaux perspectifs et les bilans afférents aux réalisations antérieures. Pour la branche de la couverture maladie obligatoire de la Sécu, l’heure est à l’évaluation de leurs dépenses annuelles.

À savoir, les chiffres seraient en continuelle progression ces dernières années en raison du vieillissement démographique. Une situation qui est des plus marquée dans la contrée bretonne, sans oublier la croissance du nombre de la population en raison de sa forte attractivité.

Toujours est-il que les dépenses de la CPAM de la région ont dépassé la barre symbolique des dix milliards d’euros. Une situation que l’Agence régionale de santé qualifie néanmoins de « bon résultat », d’autant que l’augmentation demeure conforme au rythme national.


Un bon élève malgré tout

Au mois d’octobre dernier a été rendu public le bilan 2018 de la caisse d’assurance maladie de la région bretonne. Au tableau figurait des dépenses de plus de dix milliards d’euros, soit 207 millions d’euros de plus par rapport à 2017, une grande première pour cet organisme public. Des chiffres qui ne peuvent signifier qu’une chose : les Bretons seraient plus malades que le reste de la population française.

Sauf que la hausse, estimée à 2,1% sur un an, affiche une même accélération que celle enregistrée au niveau national. Une observation qui vaut pour la Bretagne d’obtenir une bonne note de la part du directeur général par intérim de l’Agence régionale de santé, Stéphane Mulliez.

D’autant que la croissance des dépenses afférentes aux soins de ville, de médico-social et d’admission hospitalière est restée dans les normes par rapport à celle fixée tous les ans par l’Ondam (Objectif national de dépenses d’assurance maladie)

D’ailleurs, il convient de préciser que 5% des Français ont élu résidence dans cette contrée, dont les nouveaux arrivants sont des retraités séduits par la proximité de la mer. Ce qui contribue à la croissance de la population bretonne (de 0,2% par an), mais aussi à son vieillissement puisqu’un résident sur quatre (25%) est âgé de plus de 65 ans et 10,4% a plus de 75 ans.


Une situation démographique qui aurait pu impacter davantage sur les dépenses de santé. Pourtant, la Bretagne ne représente que 4,8% des charges totales de l’assurance maladie sur toute la France.

Un poste de dépenses mérite néanmoins d’être surveillé de près

L’atteinte du seuil des dix milliards d’euros n’inquiète nullement la Sécurité sociale qui, il faut savoir, prend en charge les 78,1 % de dépenses en matière de santé des patients. Quoique l’organisme avoue mettre dans son collimateur un poste de dépenses en particulier, les indemnités journalières versées en cas d’arrêt maladie.

En effet, celles-ci ont été en nette progression l’année dernière par rapport à 2017 (+5% environ) pour s’établir à 731 millions d’euros, soit 7% des charges totales de la CPAM bretonne. Une accélération qui s’expliquerait par l’essor des suspensions de travail accordées aux seniors ou des arrêts de plus d’un semestre.

Plusieurs mesures ont été d’ailleurs mises en place depuis 2018 auprès des entreprises, des praticiens ainsi qu’au niveau des autres professionnels de santé. Cela, afin d’endiguer ces longues absences et ainsi favoriser le retour au travail. Une initiative qui aurait également coûté quelque 37 millions d’euros à la Sécurité sociale, soit trois millions de plus que l’année précédente.