Après le déconfinement, un certain relâchement se fait ressentir dans l’Hexagone sur le port du masque et les mesures de distanciation physique. Les professionnels de santé redoutent ainsi l’apparition imminente d’une seconde vague épidémique. Pourtant, les Français subissent encore les séquelles psychologiques de la première. Elle a notamment provoqué des troubles mentaux protéiformes chez eux.

De nombreux acteurs ont participé aux actions contre le Covid-19, du personnel hospitalier aux pharmaciens en passant par les organismes d'assurance santé. De ce fait, le relâchement des Français préoccupe tous les professionnels touchant de près ou de loin au secteur santé. Tel est notamment le cas des spécialistes de la santé mentale.

La pandémie actuelle a provoqué une dégradation significative de l'état psychologique de la population dans l'Hexagone. La situation ne s'est pas améliorée avec le déconfinement. D'autres troubles mentaux ont juste remplacé l'anxiété, la détresse ou encore la solitude ressentie durant le confinement, ce qui risque de faire perdurer les problèmes de santé psychique.

Plusieurs études révèlent les effets de la crise sanitaire sur la santé mentale des populations

Pays d'origine du SARS-CoV-2, la Chine a été la première à expérimenter le confinement et à constater son impact sur la population, y compris sur le plan mental. Dès février dernier, les autorités sanitaires locales ont publié des études observant les effets de la crise sanitaire sur la dépression et l'anxiété. Les dégradations de l'état psychologique ont été particulièrement prononcées chez les jeunes.


Depuis, plusieurs pays ont confirmé ces premières données venant de Pékin. Ces analyses ont également été corroborées par des études internationales. D'ailleurs, certains spécialistes évoquent déjà l'idée d'une seconde vague de troubles mentaux liés à la crise sanitaire.

Selon ces experts, il ne s'agit pas d'une nouvelle vague, comme sur le plan épidémique. La seconde vague de problèmes psychologiques est déjà présente, mais se distingue légèrement de la première. Elle se manifeste surtout à travers le besoin de soutien et de soins psychologiques. De plus, ce phénomène peut être observé à travers le monde, à la même échelle que la pandémie de Covid-19.

Pas de retour à la normale de sitôt ?

Depuis mars 2020, Santé publique France a mené une étude sur l'évolution de la santé mentale et des comportements de la population sur tout le territoire. L'enquête a démontré les effets néfastes du confinement sur l'état psychologique des Français.

Selon cette étude, la santé mentale des citoyens s'est dégradée de manière significative durant les deux mois de confinement. Ce phénomène s'est notamment traduit par une forte hausse de la prévalence de l'anxiété, de la dépression, des troubles du sommeil, etc.

L'enquête a été poursuivie après la levée du dispositif sanitaire, le 11 mai dernier. Ainsi, les auteurs de l'étude ont pu constater une légère baisse de ces chiffres sur les troubles mentaux. Toutefois, les indicateurs ne sont pas encore revenus à leur niveau habituel.

D'après les spécialistes, il est difficile de déterminer avec certitude le retour à la normale dans le domaine. En effet, les analystes ont un manque de visibilité certain par rapport à cette crise sanitaire sans précédent. De plus, la disparité des prévalences par profil (âge, sexe, niveau de vie, diplôme, etc.) complique davantage les prévisions.