Ces dernières années ont été marquées par une menace pesant sur l’approvisionnement des médicaments. Une situation que la crise sanitaire due à la propagation du Coronavirus n’a fait que se confirmer davantage. Et qui aurait poussé les industriels de la pharmacie à réagir urgemment. D’où vient tout l’intérêt d’une indépendance sanitaire.

Ces dernières années ont été marquées par une menace pesant sur l'approvisionnement des médicaments. Une situation que la crise sanitaire due à la propagation du Coronavirus n'a fait que se confirmer davantage. Et qui aurait poussé les industriels de la pharmacie à réagir urgemment. D'où vient tout l'intérêt d'une indépendance sanitaire.

Les tensions provoquées par une éventuelle pénurie de médicaments sont loin d'être un phénomène lié à l'épidémie du Covid-19. Déjà en 2019, patients, médecins et pharmaciens étaient confrontés à des ruptures de stock sur des remèdes pourtant courants. Les causes étant multiples, ne serait-ce que de considérer la délocalisation de leur fabrication depuis plusieurs décennies.


Ce qui explique également la menace plus prononcée, à l'heure actuelle, étant donné que la fermeture d'usine en raison du confinement généralisée dans les pays de production. Certes, la G5 Santé se veut être rassurante face aux inquiétudes en affirmant que les provisions de la France lui permettent de passer outre cette situation de crise, mais cela n'empêche pas ses membres de faire appel à la réactivité de l'État. Et l'on peut en tirer conclusion que le plus important est de rapatrier la filière chimie.

Une pénurie pour le moins inévitable

Existant depuis quelques années, les tensions liées à l'approvisionnement des médicaments n'ont eu de cesse de s'accroître au fil du temps. Et ce, peu importe leur catégorie ni leur garantie de prise en charge par une assurance santé.

La raison est pourtant simple : les demandes affichent une hausse tendancielle alors que la production des principes actifs est délocalisée, ce, depuis deux à trois décennies. Pour être plus précis, celle-ci se concentre en Inde et en Chine. Ce dernier représente d'ailleurs 40% de ces composés indispensables à la production, à en croire les estimations de l'occupant de Bercy, Bruno Le Maire.

À l'heure actuelle où la pandémie du Covid-19 fait rage en Europe, n'épargnant pas sur son passage l'Hexagone, les membres du G5 Santé veut préserver leur optimisme. Selon eux, en effet, les stocks seraient bien approvisionnés bien que tout dépendra quand même de l'évolution de la propagation. Une prévision à laquelle s'est ajoutée celle du directeur général du groupe Pierre-Fabre, Eric Ducournau, qui s'est plutôt penché sur des problèmes inexorables de pénuries. Sauf que la rupture de stock proviendra d'autres sources :

Ce qui est nouveau par rapport au coronavirus, ce n'est pas des difficultés de transport, car cela arrive souvent. C'est que les usines étaient à l'arrêt en Chine. Plus rien n'était produit, ce qui rend encore plus nécessaire l'indépendance sanitaire.

Le rapatriement de la production, une priorité pour le G5 Santé

La première idée qui vient en tête serait alors d'inciter les sites de production à poursuivre la fabrication. Mais la question revient alors sur l'instauration des mesures favorisant l'implantation locale de la production pharmaceutique. Et c'est dans cette vision que les dirigeants du G5 Santé ont sollicité le soutien du gouvernement. Au délégué général du groupe, Didier Véron, de souligner :

La première urgence est de préserver les installations industrielles présentes en France.

Réaliser cette initiative est pourtant loin d'être un jeu d'enfants. Il faudra d'ailleurs s'armer d'une grande patience si l'on veut rapatrier la filière chimie. D'autant qu'aucune solution en ce sens n'a été trouvée, à l'échelle européenne, au cours des dix dernières années. Un contexte qui n'affecte en aucune façon l'esprit positif de la représentante CFE-CGC de la branche industrie pharmaceutique, Isabelle Fréret, qui estime que :

Peut-être que la crise de coronavirus aura cet aspect positif là. Il fallait une crise sanitaire pour déclencher un électrochoc.

Une réflexion à laquelle s'est joint le PDG du groupe pharmaceutique français LFB, Denis Delval :

Le contexte de crise actuelle ne fait que révéler de façon bruyante la fragilité sanitaire que l'on a identifiée depuis un certain temps.

Il ne faut pas non plus oublier le poids pesant sur le système de santé des nouveaux médicaments innovants qui s'alourdit de jour en jour. Et pour cause, les tarifs facturés par les laboratoires, localisées souvent en dehors de la France, sont excessivement élevés. Ce qui pousse les industriels à solliciter des prix dits « faciaux » pour ces produits. Pour Olivier Laureau, président du groupe Servier :

Cela n'occasionnerait aucun coût pour les organismes de couverture français, en revanche cela permettrait [...] de favoriser notre empreinte industrielle en France.

Outre cela, les requêtes porteraient sur :

  • Une meilleure considération des investissements industriels avant toute fixation de prix ;
  • Une politique qui s'inscrive dans la durée et, qui plus est, en adéquation au cycle long de découverte et de production des médicaments.