Le 14 juin dernier, l’Assemblée nationale a rejeté de justesse, par seulement 41 voix, un amendement transpartisan visant à contraindre les médecins à exercer dans les zones où sévit la pénurie de soignants. Cette mesure avait été proposée en réponse au problème des déserts médicaux, dont souffrent de nombreuses villes françaises. Bien que l’amendement n’ait pas été adopté, cette initiative a au moins eu le mérite de relancer la réflexion sur cet épineux sujet sociétal.

Débat majeur autour des déserts médicaux

Déserts médicaux : la proposition de régulation rejetée

Dans un nombre croissant de localités françaises, il semble parfois inutile de recourir à un comparateur mutuelle santé, tant le personnel soignant y est rarissime.

C'est d'ailleurs dans l'objectif de lutter contre cet épineux problème des déserts médicaux que 200 députés de différents bords ont avancé un amendement visant à encadrer la liberté d'installation des médecins en France.

Cet amendement est venu se greffer à la proposition de loi du député Frédéric Valletoux (Groupe Horizons), destinée à améliorer l'accès aux soins par l'engagement des professionnels.

L'amendement a été proposé contre l'avis du gouvernement qui ne souhaitait aucune forme de coercition. L'exécutif estimait qu'une telle loi aurait provoqué un conflit social avec les professionnels de santé concernés.


De son côté, l'opposition a critiqué le manque de courage de la majorité et de la droite. Aujourd'hui, près de six millions de Français ne disposent pas de médecin traitant.

Le manque de praticiens : la base du problème

Selon le gouvernement, l'une des principales sources du problème des déserts médicaux est le manque de praticiens.

Afin de remédier à cette situation, plusieurs pistes ont été avancées, notamment la suppression du numerus clausus qui limite le nombre des étudiants en médecine.

De plus, l'exécutif prévoit de doubler le nombre de maisons de santé, passant de 2300 actuellement à 4000 unités médicales d'ici 2027.

L'autorisation d'exercice des médecins étrangers n'a néanmoins pas été évoquée. Des milliers de dossiers déposés par les candidats diplômés hors de l'Union européenne n'ont pas encore obtenu le droit d'exercer. Ainsi, sur 4500 demandes, 3000 sont toujours en cours d'examen.

La loi santé votée en 2019 permet pourtant aux médecins de toutes nationalités de s'installer librement en France, sous réserve d'un aval de la commission d'autorisation d'exercice.

À retenir
  • L'amendement visant à règlementer la liberté d'installation des médecins en France a été rejeté par les députés.
  • Selon le gouvernement, cette solution serait contre-productive et aboutirait à la grève des professionnels de santé concernés.
  • Pour les porteurs du projet, la régulation permettra d'atténuer les déserts médicaux.