La technologie digitale prend de plus en plus de place dans la vie quotidienne à tel point que le numérique prend grandement le pas sur la version physique, et ce, dans bien de domaines. En France, le secteur santé n’y fait pas exception puisque dès cette année, l’ordonnance électronique succèdera au bon vieux papier.

Si la dématérialisation existe déjà en France en matière de santé, le phénomène fait à nouveau de grands pas en avant avec la mise en place des prescriptions digitales. Une méthode censée optimiser le parcours de soin des patients et faciliter le rôle des personnels de santé ainsi que les échanges, dans le cadre des suivis et interventions médicaux. À préciser qu’elle permettra surtout à la caisse d’assurance maladie de mieux gérer les demandes de remboursement.

À savoir, des centaines de professionnels se sont portés volontaires l’année dernière afin d’expérimenter le nouveau processus. La réforme poursuivra son cours cette année pour se généraliser progressivement jusqu’à ce que l’ordonnance papier soit complètement enrayée de la carte d’ici deux ans.

L’essor du DMP, un coup de pouce pour l’application de l’e-prescription

Ayant fait ses preuves dans de nombreux pays européens, notamment aux Pays-Bas, en Croatie, en Estonie et en territoire scandinave, l’e-prescription a convaincu aussi l’Autriche, l’Espagne et la Belgique de ses bienfaits. Et depuis 2019, cette technologie numérique arrive sur le pas de la porte des Français.


Certes, elle était déjà en gestation depuis des années sans avoir pu décoller. Le développement du DMP (dossier médical partagé) aurait fortement contribué à son évolution. Car depuis juillet dernier, la branche santé de la Sécurité sociale, l’Assurance maladie, a équipé bon nombre de pharmaciens et médecins volontaires de logiciels utiles dans l’expérimentation de la dématérialisation des ordonnances. Trois départements en sont notamment concernés, dont le Maine-et-Loire, la Saône-et-Loire et le Val-de-Marne.

Pour revenir au DMP, huit millions de personnes en bénéficient à ce jour. Une performance, compte tenu des prévisions de la Cnam d’atteindre le seuil de dix millions d’inscrits à la fin 2019, puis de 40 millions d’ici 2022. Il faut en effet préciser que ce dispositif, mis en place depuis 2011 et relancé en novembre 2018, a convaincu quelque 4,3 millions de personnes en seulement quatre mois.

L’ordonnance numérique pour un meilleur parcours de soin

La prescription digitale remplacera petit à petit la version papier dès cette année et ne se cantonne plus aux trois localités susmentionnées. Cette extension s’annonçant comme un prélude à sa généralisation à compter de 2022.

À préciser que cette innovation ne bouleversera aucunement les pratiques habituelles des professionnels médicaux. Sauf qu’au début, il est toujours possible de disposer d’une ordonnance physique tout en ayant un autre en version numérique, consultable sur le DMP. Concrètement, selon l’explication de l’Assurance maladie :

Le médecin prescrit les médicaments pour son patient, depuis son logiciel de gestion de cabinet, comme il le fait aujourd’hui, en s’appuyant sur le module d’aide à la prescription. Cette prescription est déposée dans une base de données sécurisée.

Cette plateforme devra grandement faciliter les échanges entre les professionnels de santé, notamment entre le médecin traitant et le pharmacien. Ce dernier étant à même d’accéder à la prescription au QR Code – un numéro unique de prescription inscrit sur l’ordonnance du patient – et lui fournir les médicaments dont il a besoin. En retour, le praticien sera tenu informé de la livraison ou du remplacement du remède par un générique, à défaut de stock disponible.

La dématérialisation de l’ordonnance est également avantageuse pour le patient étant donné qu’elle permet d’avoir une traçabilité de son parcours de soin. Ce qui est d’un soulagement puisqu’il n’est pas toujours évident de se souvenir de l’acte médical subi ou des médicaments prescrits ni de conserver sa feuille d’ordonnance.