La pandémie du covid-19 a et devrait continuer d’accuser de lourdes retombées sur la branche maladie de la Sécurité sociale. Cette dernière déplorait déjà des milliards d’euros de pertes en termes de dépenses de santé et la situation n’est pas près de s’améliorer si l’on en croit les prévisions pour le reste de l’année et pour 2021.

Nul n'aurait pu prédire l'avènement de cette pandémie sanitaire qui a mis à mal l'assurance maladie. En effet, la Sécu accuse déjà des pertes de plus de 30 milliards d'euros cette année. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur la couverture santé selon les professionnels du secteur. Des solutions sont envisagées pour endiguer cette catastrophe, dont une contribution des mutuelles, des assurances et des institutions de prévoyance, mais cela pourrait bien être insuffisant.

Huit milliards d'euros étaient initialement prévus au mois de juillet dernier pour faire face aux dépenses de santé, mais c'était bien avant le rebond de l'épidémie du covid-19.


Une assurance maladie mal en point en 2020

La branche maladie de la Sécu devait prendre en charge les remboursements de tests, les achats de masques, les arrêts de travail et bien d'autres encore depuis le début de la pandémie sanitaire. Pour la soutenir, le ministre de la Santé a décidé de mettre en place une taxe exceptionnelle destinée aux complémentaires santé. Ces derniers ont pu réaliser des économies sur les remboursements de soins, évalués à plus de 4 milliards d'euros par le chargé des comptes de l'État, durant la période de confinement. Olivier Véran a ainsi décidé d'en prélever une partie pour renflouer les caisses de l'Assurance maladie.

L'État a aussi imposé aux entreprises de prendre en charge l'achat de masques pour leurs salariés. Mais ces contributions pourraient bien s'avérer insuffisantes, notamment à cause du rebond de l'épidémie. Le coût de la pandémie du coronavirus devrait continuer de grimper et dépasser les 8 milliards d'euros estimés au mois de juillet, pour atteindre les 10 milliards d'euros, voire plus. Soit une augmentation de 7,6 % de l'objectif national des dépenses de la branche maladie de la Sécu, contre une hausse de 2,45 % votée fin 2019 dans le cadre du projet de loi de finances de l'organisme social.

L'addition pourrait même être plus salée, car le coût final des campagnes de tests n'a pas encore été clairement établi.


Les retombées se poursuivront jusqu'en 2021

L'année 2020 aura donc été une période délicate, mais 2021 ne s'annonce pas mieux. Une enveloppe de 4,3 milliards d'euros est prévue dans le budget de la Sécurité sociale pour faire face aux dépenses de santé liées à l'épidémie du covid-19. Cette somme servira entre autres à poursuivre les dépistages, à l'achat de masques et éventuellement à mener une campagne de vaccination.

Mais d'après le Haut conseil pour les finances publiques, 4,3 milliards d'euros ne seraient pas suffisants pour couvrir toutes ces dépenses. L'institution gouvernementale pointe notamment du doigt les 1,4 milliard d'euros prévus pour la campagne de vaccination.

Il ne faut pas non plus oublier la revalorisation salariale promise aux personnels de santé. D'autant que les différents secteurs, que ce soit le privé ou le secteur à but non lucratif, ont demandé une aide financière à l'État, soulignant qu'ils ne disposaient pas de la trésorerie nécessaire pour garantir cette promesse.

Au total, les analystes estiment que les dépenses de santé pour 2021 s'élèvent au moins à 11,6 milliards d'euros, incluant le budget de la Sécu, la revalorisation salariale des soignants et les investissements dans le système de santé.