La dépression est devenue, au cours des dernières années, une pathologie psychologique très courante, touchant de plus en plus la population mondiale, et ce, quelle que soit la tranche d’âge, le sexe et le niveau social. Quoique certains profils de personnes s’avèrent plus vulnérables que d’autres. Pour autant, il s’agit d’un trouble encore méconnu auquel n’est consacré qu’un minimum de soins et de moyens financiers.

La dépression est loin d’être une maladie anodine étant donné que ses conséquences peuvent être morbides. De fait, des milliers de dépressifs se donnent la mort tous les ans, à en croire les données de l’Organisation mondiale de la santé. À noter également qu’elle inhibe la volonté des souffrants qui comptent actuellement plusieurs millions, à l’échelle mondiale. Ce qui nécessite une vision de près de la situation.

Pour sa part, la France se trouve parmi les pays les plus concernés, notamment en ce qui concerne les dépressions liées à la vie professionnelle. D’autant que la maladie s’étend de plus en plus depuis 2010. À savoir, les femmes seraient deux fois plus exposées par cette affection psychologique que les hommes.


Une maladie non discriminatoire

Le trouble dépressif gagne de plus en plus de terrain, devenant même un fléau mondial. Selon le rapport 2017 de l’OMS, le nombre de personnes touchées, dans le monde entier, aurait dépassé la barre des 300 millions. Un chiffre qui est en nette recrudescence, à raison d’une hausse de plus de 18% en l’espace d’une décennie (de 2005 à 2015).

À savoir, la proportion est d’autant plus élevée dans les pays à revenus modestes (80%). Ce qui n’épargne pas pour autant les contrées plus riches. En France, notamment, l’on dénombre quelque trois millions de dépressifs si bien que la prescription de médicaments antidépresseurs, qui sont d’ailleurs remboursés soit par l’Assurance maladie soit par les complémentaires santé, a explosé.

En octobre 2018, le bulletin épidémiologique hebdomadaire publié par la Santé publique France a révélé une expansion de 1,8 point sur la prévalence de cette maladie en sept ans (de 2010 à 2017). Un chiffre découlant de son étude réalisée auprès de 25 319 personnes âgées entre 18 et 75 ans. Par ailleurs, il a été observé que près d’un Français sur cinq, de 15 à 75 ans, souffre de ce trouble mental. Et les femmes bien plus que les hommes, avec une prévalence à la hausse de trois points durant la période susmentionnée.


Les risques sont généralement plus importants lorsqu’on se trouve dans les tranches d’âge suivantes : entre 20 et 25 ans, entre 45 et 50 ans et au-delà de 70 ans. Toujours est-il que les 35-44 ans sont aujourd’hui aussi exposés (+4 points). Les enfants et les adolescents sont également concernés avec respectivement une proportion de 3,4% et 14%.

Un phénomène très répandu et pour le moins grave

L’expansion de cette pathologie s’explique par l’augmentation de la pression au travail quoique, dans le cas inverse, le chômage et l’abaissement des revenus puissent également en être les causes. L’on peut alors conclure que la vie professionnelle est l’une des principales sources de la maladie, avec une prévalence en progression de 5 et 3 points.

D’un autre côté, l’on doit aussi tenir compte de l’influence des événements de la vie, tels que les décès de personnes proches, le divorce, etc. Et plus particulièrement, pour les femmes, la disparité entre genres notamment au niveau des rôles et des positions sociales est un élément fort influent.

Dans tous les cas, la dépression ne doit pas être prise à la légère puisqu’il s’agit d’une pathologie psychique grave. D’abord, elle est classée première cause d’incapacité par l’OMS étant donné les sentiments négatifs qui l’accompagnent empêchant le patient d’accomplir correctement ses tâches quotidiennes. La maladie se caractérisant par :

  • De la profonde tristesse et du repli sur soi ; 
  • Du désespoir et du manque de désir de vivre ; 
  • De la perte d'intérêts et de motivation pour les activités journalières ; 
  • Des changements comportementaux ; 
  • Du ralentissement psychique et moteur.

Ensuite, il faut reconnaître que c’est un principal facteur de mortalité. En effet, à défaut de bénéficier des soins adéquats, la dépression s’amplifie et suscitera une envie de suicide chez le patient. Selon les statistiques de l’OMS, 10 000 individus sur 800 000 se sont donné la mort à la suite d’une crise dépressive.

À noter qu’en dépit de l’affluence de ce type de maladie, seuls 50% des malades obtiennent les traitements qui les conviennent. Le fait est que les budgets publics mondiaux mobilisés en faveur de la santé mentale s’élèvent en moyenne à 3% seulement. C’est la raison pour laquelle les dispositifs de soins semblent insuffisants (manque de moyens financiers, d’outils et de personnel médical qualifié, erreurs de diagnostic, etc.), surtout dans les pays à faible revenu.